‹ François BaconChapitre 77 sur 120 · I. — DE VARIA VERULAMII FORTUNA · texte numérisé non relu

I. — DE VARIA VERULAMII FORTUNA

souvent, Newton ne le nomme pas et les savants de profession paraissent ignorer ses ouvrages. Ce n'est qu'au XVIIP siècle que la société des Bolingbroke semble avoir déterminé une réaction en faveur de la réputation philosophique de Bacon.

C'est du moins dans cette société que Voltaire en a entendu parler et qu'il a appris à le louer. Sur le continent on avait cependant prêté plus d'attention qu'en Angleterre aux ouvrages philosophiques de Bacon. Gassendi analyse dans sa Logique (1) le Novum Orgamim avec beaucoup d'exactitude et de soin, puis, dans le chapitre qu'il consacre à récapituler les vérités acquises par les logiciens antérieurs, il loue Bacon d'avoir insisté sur la destruction préalable des préjugés, et d'avoir demandé à l'induction d'être plus prudente et de s'appuyer sur une assez grande quantité d'expériences . Il le blâme d'avoir répudié le syllogisme, et il n'est pas sans manifester quelque étonnement des expressions étranges et affectées où se complaît le

travail à TAcadémie del Cimento. Dans la Nouvelle Atlantide

comme dans ses autres écrits Bacon a été moins un inventeur

que le propagateur d'une idée déjà connue et mise en pratique.

(1) L. I. c. 10. — Opéra, 6 vol. in-f», Lyon 1658, t. i, p. 62-65.

318 III. — l'influence de bacon

génie novateur de Bacon (1). Mais il réduit l'induction à n'être qu'une sorte de syllogisme et dans le bref paragraphe qu'il lui consacre (2), la lecture du Novum Organum ne fait nullement sentir son influence, pas plus que dans la quatrième partie de la Logique où- Gassendi traite de la méthode.

Descartes cite Bacon en plusieurs endroits (3) mais dans le texte très bref où il en parle avec quelque netteté il dit simplement : a Vous désirez savoir un moyen de faire des expériences utiles. A cela je n'ai rien à dire après ce que Verulamius en a écrit » (4). En un autre endroit il parle de a décrire exactement le ciel sans hypothèses selon la méthode de V^lamius » (5).

Il semble donc que Descartes ait rendu à Bacon cette justice que ce qu'il y avait de meilleur dans ses ouvrages c'étaient ses appels à l'observation et à l'expérience.

Leibnitz cite plusieurs fois textuellement Bacon et lui emprunte ses propres expressions

(1) Ibid.l II, c. 6,i6. p. 90.

(2) Inst. log. p. iiî. Canon xi, ib. p. 113.

(3) Ed. Cousin, t. vi, p. 93, t. x, p. 171 — Lettres. (A) Lettre à Mer senne y 1631, t. vi, p. 182.

(5) Lettre à Mersenne, 1632, ib. p. 210.

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