I. — DE VARIA VERULAMII FORTUNA
quand il donne ce titre à une de ses notes : Synopsis lihri eui titulus erit scientia nova gène* ralis pro instauratione et augmentis scientiarum ad publicam filicitatem (i). Ce petit écrit semble même directement inspiré par la lecture du de Augmentis. Les sept premières propositions ne sont guère que les titres mêmes des sujets traités dans les premiers livres de l'ouvrage de Bacon. Leibnitz Tavait lu dès 1666 puisqu'il le cite dans le de Arte comhinatoria (2). En 1668, au début de la Confessio naturse contra atheistas, Bacon est traité de divini ingenii vir (3). Mais ce sont là des ouvrages de la jeunesse de Leibnitz et antérieurs à la constitution définitive de son système. A partir de 1676, s'il cite Bacon, comme dans sa polémique avec<2larke (4), c'est simplement pour lui emprunter un mot ou une expression, mais il n'ajoute pas d'appréciation. Nous verrons plus loin cependant que la lecture des ouvrages de Bacon a excité les réflexions de Leibnitz et qu'on en retrouve la trace dans certaines parties de son système.
(1) Erdmann, p. 88-89.
(2) Ibid, p. 23.
(3) Ibid. p, 45.
{A) 3' écrit ibid. p. 751.
320 III. — l'influence de bacon
Spinoza est opposé à Bacon comme à Descartes, il leur fait à tous les deux les mêmes reproches, leurs philosophies sont aussi peu solides Tune que l'autre, et, en particulier pour ce qui est de la nature et des causes de l'erreur, Bacon «ne trouve presque rien et ne fait guère que raconter ses propres opinions » (1). Spinoza ne parle d'ailleurs que des opinions de Bacon sur l'âme humaine et sur Dieu, et point du tout de sa méthode ni de l'induction.
Ainsi les philosophes du continent au XVIP siècle accordent une attention assez marquée à Bacon, mais aucun d'eux n'a l'air de le considérer comme un novateur, comme le père d'un système véritablement nouveau, fondé sur l'expérience et sur l'induction. C'est Voltaire, à son retour d'Angleterre, qui, tout chaud encore des conversations de Bolingbroke et de ses amis, salue Bacon du nom de « père de la philosophie expérimentale » (2). Il le trouve « grand philosophe, bon historien et écrivain élégant ... Le plus singulier et le meilleur de ses ouvrages est
(1) Let. à Oldenbourg, éd. Saisset. t. m, p. 351 — Voy. la lettre d'Oldenbourg ; ibid. p. 348.
(2) Lettre XU sur les Anglais.