‹ François BaconChapitre 8 sur 120 · I. — LES GRKCS MÉDITATIFS · texte numérisé non relu

I. — LES GRKCS MÉDITATIFS

en abstractions vides il Ta ramené à des éléments à la fois réels et ultimes (1). Cependant cette école s'est tellement occupée des seuls atomes qu'elle s'y est comme perdue et qu'elle a oublié les ensembles et les composés. Or, il ne suffit pas de faire des analyses, il faut encore, il faut surtout peut-être arriver à recomposer les ensembles par la synthèse (2). Ainsi le principal reproche que Bacon adresse à l'école atomistique, c'est de ne fournir que la première étape de la science, de s'arrêter à l'analyse et de ne pas la compléter par la synthèse. Les autres critiques de Bacon portent sur les points particuliers de la doctrine. Il reproche à l'école d'Abdère comme à toutes les autres écoles grecques de n'avoir pas su entièrement éviter l'esprit de secte qui vise à l'applaudissement du vulgaire plus qu'à la conquête de la vérité (3). Sans doute, il loueDémocrite de sa modestie qui lui a fait reconnaître l'extrême difficulté de l'étude de la nature (4), mais il lui reproche aussi de s'abandonner trop à ses premières idées, d'é-

(4) Sapient. veter. xxiii.

tendre outre mesure et au delà de l'expérience la série de ses déductions. Bien plus, selon Bacon, son système renferme une contradiction fondamentale (1). En effet, Démocrite soutient que les atomes semblables en nature forment par leurs combinaisons des substances différentes les unes des autres. Les mouvements des atomes devraient donc être différents des mouvements des substances composées. Mais Démocrite attribue aux atomes des mouvements semblables à ceux des corps variés qui composent actuellement l'univers (2).

C'est d'ailleurs une remarque de Bacon que Démocrite, par la manière dont il définit et combine les mouvements primaires, est au dessous des philosophes les plus médiocres (3). Le mouvement primitif en effet est le mouvement par lequel les atomes se précipitent vers le centre du monde avec des vitesses proportionnelles à leur masse. Ainsi ceux qui ont plus de vitesse frappent ceux qui en ont moins, les déplacent et les forcent à se mouvoir en sens contraire.

(1) Deprincip. atq. origin. t. m, p. 82.

(2) Ibid. Cogit. de nat. rer. ii, t. m, p. 48.

(3) N. 0. 1. II, 48, t. I, p. 332.

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