III. — L'INFLUKNCE DE BACON
con est à son apogée. Les philosophes du XVIIIe siècle le saluent comme leur maître. Sa gloire détrône en France même celle de Descartes. Si on les compare l'un à l'autre, c'est pour déprécier à son profit notre compatriote (1). Diderot emprunte à Bacon le système figuré des connaissances humaines qu'il a placé en tête de V Encyclopédie (2). C'est la lecture du Cogitata et r/srt qui lui donne l'idée d'écrire les Pensées sur Vinteiyrétation de la nature (3). Le Discoiirn préliminaire de V Encyclopédie (4) appelle Bacon « le plus grand, le plus universel et le plus éloquent des philosophes ». C'est ce que répète à peu près sans contradiction tout le XVIIP siècle, et la Convention nationale sanctionne, pour ainsi dire, cet enthousiasme en décrétant, le 25 brumaire an III, sur le rapport de Lakanal, que la traduction des œuvres de Bacon sera imprimée aux frais de la nation (5). Cinq ans plus tard,
(1) V. CoNDORCET. — Tableau des progrès de Vesprit humain. viu® époque - OE.\ï\rcs complètes - Didot - iSil; t. vi, p. 108.
(2) Œuvres complètes j éd. Tourneux et Assezaî. 20 vol. iii-8, Paris, i877, t. xiii, p. 133, 134.
(3) Ibid. t. H, p. 3.
(4) II« partie.
(5) Moniteur d\\ 27 brumaire an III.