III. — l'influence philosophique
fortes traditions philosophiques se sont à tel point perdues qu'il y a bien peu de philosophes capables de montrer que la métaphysique a un objet, l'être, ses causes, ses lois et ses modes divers ; une méthode, l'analyse, et des principes, les principes mêmes de la raison. Bien peu sont capables d'établir que les vérités métaphysiques doivent satisfaire à certaines conditions logiques définies, pour être prouvées, et que dans cette science comme dans les autres, s'il y a de l'hyr pothétique et du provisoire, il y a aussi du démontrable et du certain (1). La mode de dire du mal d'Aristote a passé, les plus autorisés de nos penseurs vantent même sa méthode et ses écrits. Il faut espérer que les générations qui nous suivent mettront à profit ces hauts exemples, qu'ils méditeront de nouveau les écrits du Stagyrite et qu'ils sauront y découvrir le moyeti de concilier les droits trop vantés de l'expérience avec les droits trop méconnus de la raison. Le re-
(I) V. sur ce point Touvrage récent et si remarquable de M. Ollé-Laprune : La philoHophie et le temps présent in-î8. Paris, 1890. V. aussi le magistral et profond article {Métaphysique et morale) que M. Ravaisson vient d'écrire pour le premier numéro de la Revue de Métaphysique et de morale, janvier 1893.
378 III. — l'influence de bacon
mède à Tempirisme n'est pas en effet, comme d'aucuns se l'imaginent, dans la faveur donnée à rhypothèse et au rêve, les exagérations contraires n'engendrent que le déséquilibre et l'inconstante mobilité des esprits, on ne trouve le repos que dans une assiette ferme et solide où tous les besoins de l'esprit sont à la fois et harmonieusement satisfaits.