PORTRAIT
LONDRES
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faisant partie des Figures de différents caractères, de paysages et d'études. C'était pour Boucher une insigne bonne fortune d’être ainsi convié à l’intimité du maître le mieux fait pour développer et affiner son talent dans le sens de ses tendances naturelles. Il se mit à l’œuvre avec entrain et réussit d'emblée. « Sa pointe légère et spirituelle, écrit Mariette, semblait faite pour ce travail. M. de Julienne lui donnait 24 livres par jour et tous deux étaient contents, car Boucher était fort expéditif et les gravures n'étaient pour lui qu'un jeu. » Il prit là quelques leçons dont nous retrouverons bientôt dans son œuvre la trace bienfaisante.
« C'est à ces différents travaux et à l'étude de la nature et des règles de son art que Boucher employa les quatre années que les élèves couronnés passent à l'École du Louvre, » écrivait un peu au hasard le biographe de la Galerie française; et il ajoutait : « En 1727, il partit pour Rome... » On a cru pouvoir en conclure qu'il fût envoyé comme pensionnaire à l’Académie de France, et même qu'il fût, grâce à son premier prix de peinture, et en attendant son départ, pensionné en qualité d’ « élève protégé ». C’est une double erreur. L'École royale des élèves protégés ne fut créée qu’en 1749; quant au voyage d'Italie, ce n’est pas aux frais du roi que Boucher l’exécuta. Plusieurs versions, également difficiles à contrôler, ont circulé à ce sujet. Nous savons seulement qu'il se mit en route avec Carle Van Loo et ses deux neveux, François et Louis; qu’en juin 1728 il était arrivé à Rome, où Wleughels, directeur de l’Académie, qui le jugeait « un garçon simple et de beaucoup de mérite, » le « fourrait dans un petit trou de chambre presque hors de la maison’. » C'était une hospitalité gracieuse, souvent offerte à de jeunes artistes français et même étrangers, qui n'avaient pourtant ni le titre, ni les privilèges des pensionnaires.
On sait peu de chose des occupations de Boucher pendant ce séjour. Du Rozoir*, toujours amer, mais d'ailleurs très mal informé, affirme qu'il
Ces gravures, peu recherchées des amateurs, se rencontrent très rarement. On trouve encore quelques croquis de femmes, de vieillards et d'enfants sur une mème feuille, une Andromède, achevée par Aveline; les Petits Savoyards, l'Amour oïseleur, les Petits buveurs de lat; Vénus el Cupidon,les Grâces au tombeau de Watleau, la Blanchisseuse (1755), la Petite Reposée (1756), une Bergère assise (1756). Toutes ces planches ont le caractère de croquis, d'improvisations légères, claires, blondes, enlevées du bout de la pointe, en se jouant.