‹ François BoucherChapitre 33 sur 283 · Arch. nat., O!, 1922, f · texte numérisé non relu

Arch. nat., O!, 1922, f

Il vaut mieux n’y voir, comme l'ont proposé quelques amis de Boucher, qu’une réplique postérieure, ou plutôt une copie faite dans son atelier pour la manufacture des Gobelins.

L'enthousiasme, d’ailleurs, ne fut pas général, et l’auteur des Nouvelles littéraires’ affirme que les « artistes répondirent très mal au choix du prince. » Le Mercure, où Boucher ne comptait que des amis, faisait de son tableau des descriptions littéraires et hyperboliques; l’auteur de la Lettre sur la peinture”, tout en lui reprochant « l’abus des tons de rose, » lui décernait la palme pour «le génie et le feu de l'imagination. » Quant à l'abbé Leblanc, cet historiographe des bâtiments, ami personnel de Boucher, peint au pastel par La Tour et en quatre vers par Piron :

La Tour va trop loin, ce me semble, Quand il nous peint l'abbé Leblanc.

N'est-ce pas assez qu'il ressemble!

Faut-il encore qu'il soit parlant?

il célèbre sur le mode lyrique « le peintre de la volupté et des Grâces : »

On dirait que pour peindre, instruit par la nature, Boucher ait à Vénus dérobé sa ceinture.

Pourtant, il a eu le courage de ne pas lui laisser ignorer «que la couleur de rose domine un peu trop... en général dans le ton de son tableau, » et il ajoute en terminant : «Si l’on est fâché de ce qu'un peintre si habile n’a pas cherché dans l’histoire quelque fait digne de son pinceau, on doit du moins lui savoir gré de paraître neuf dans un sujet si rebattu. Hé! qui a plus que lui ce qui est nécessaire soit pour inventer et disposer les plus grands sujets que l’histoire fournit, soit pour les peindre et les rendre accomplis dans toutes leurs parties*! »

1. Voici quelques fragments de la correspondance de Grimm, au sujet de ce concours : « Le Roi, pour embellir la maison de Choisy, a ordonné cinq tableaux d'histoire aux meilleurs peintres de son royaume. Chaque artiste a été le maître d’ordonner son sujet et on lui a payé son travail d'une bourse de jetons ou d’une médaille de la valeur de 200 livres à son choix. C'est peu pour un grand Roi et trop pour les artistes qui ont très mal répondu au choix du prince et mal soutenu l'honneur de notre école. Ces tableaux ont été exposés au Louvre. » (La Correspondance littéraire de Grimm. Édition Tourneux, t. I, p. 92.)

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