‹ François BoucherChapitre 34 sur 283 · Deuxième partie, p · texte numérisé non relu

Deuxième partie, p

3. Leitres sur les expositions des ouvrages de peinture ei de sculpture de l'année 1747, à M. R. D.R. Paris, in-8°.

Il faut noter ces réserves amicales sous la plume d’un admirateur déclaré ; elles ne sont que l'écho de critiques plus vives qui commençaient à circuler dans une partie du public et que Diderot, au nom des philosophes, devait quelques années plus tard reprendre à son compte et rééditer revues, augmentées et singulièrement aggravées. La doctrine de ces opposants n'était pas encore nettement formulée; mais on entendait déjà demander, « dans les sujets, de la grandeur ou de la moralité; » — bientôt on y voudra « l'expression d’une grande maxime, une leçon pour le spectateur. » — Au Salon de 1746, Lafont de Saint-Yenne' avait pris à partie l'Éloquence et l'Astronomie du Cabinet des médailles; et tout en en louant « l'ordonnance agréable », avait critiqué vivement «la physionomie froide et sans caractère » des figures, demandé plus de « naturel et de vérité » dans les attitudes, surtout « celles des enfants, qui sont la plupart renversés, violents sans nécessité et sans beauté, » et renvoyé l’auteur à l’école — assez mêlée — « de Raphaël, de Carrache, du Guide, de Carle Maratte, de Le Brun, de Poussin, de Mignard. » — Les critiques ne sont pas moins riches que les artistes en documents sur l'esprit d’une époque!

Ces attaques chagrinèrent beaucoup les amis de Boucher; l'abbé Leblanc répondit que Lafont de Saint-Yenne s'était étrangement « éloigné du sentiment public dans sa manière de répartir la louange et la critique, d'exagérer ce qu’il peut y avoir de défectueux dans la manière de chaque peintre, sans faire aussi ressortir ce qu’ils ont d’excellent : c'est ce que des peintres de premier ordre, tels que MM. Boucher et Natoire, sont en droit de lui reprocher. »

Boucher lui-même fut piqué au vif. En dépit de la modestie et de la bonne grâce à accepter les observations de ses amis que tous les contem-— porains lui reconnaissent, il était d’une susceptibilité très chatouilleuse à l'endroit des critiques imprimées. Au milieu du concert d'éloges, jusque-là unanimes, qui l’avait accueilli, il se trouvait pour la première fois en butte à une opposition encore discrète, mais d’autant plus sensible qu’elle était imprèvue : il voulut répondre par le crayon, sinon par la plume, et, dans son langage de peintre, il envoya à ses détracteurs une verte réplique, c'est le frontispice, gravé par Le Bas, de la brochure de l’abbé

1. Réflexions sur quelques causes de l’état de la peinture, 1747, in-&.

M. le chancelier ou pour M. le garde des sceaux, avec attributs relatifs à l’un des deux... estimés 12.000 livres; »

mémoire pour un tableau représentant Deux Nymphes de Diane au relour de la chasse, pour la salle à manger du roi à Fontainebleau, … 600 livres;

en 1749, mémoire de «deux tableaux » représentant l'élément de la Terre et l'élément de l'Eau, savoir : Vertumne et Pomone et Arion

sur un dauphin', de quatre pieds de large sur environ deux pieds et

demi de haut, l'un accompagné de tritons, néréides et autres dieux marins; l’autre dans un paysage très agréable où les arbres sont chargés de fleurs et de fruits, faisant partie des Quatre Éléments, desquels il en reste deux à faire” »;...

mémoire d'un tableau pour le roi... « représentant Apollon et Issé, de quatre pieds de haut sur cinq pieds de large. » Issé, à demi couchée sur un lit defleurs, paraît revenir d’un évanouissement et regarde tendrement Apollon, dans le moment où ce dieu vient de quitter le déguisement de berger, ce qui est exprimé par des groupes d'amours autour de lui, qui jouent avec différents attributs de la bergerie. Ce dieu soutient d’une main cette déesse, et de l’autre il lui montre la gloire qu'elle va partager avec lui. Cette gloire est désignée par le char du Soleil, dont toutes les parties sont radieuses. Divers groupes d’amours volent devant et semblent semer des fleurs sur la route que parcourra le char. Un amour debout sur le devant, tenant un flambeau, paraît ajouter à l'éclat qui part de ce char. Un autre groupe de deux amours apporte à Issé la lyre d’Apollon surmontée d’une couronne de lauriers. » Estimé et payé 2.400 livres*; »

mémoire de trois tableaux destinés pour l'appartement de Choisy, faits par ordre de M. Gabriel :

J. L'Amour qui caresse sa mère, 800 livres;

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