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Le 13 février 1749, Lenormant de Tournehem écrit au premier peintre, en lui envoyant les mesures de cinq tableaux pour un cabinet de la reine : « J'avais jeté les yeux, pour les faire, sur M. Boucher ou sur M. Oudry, attendu que je les veux avoir en très peu de temps”... » Il s’agit sans doute des cabinets dont parle Lamartinière*, « servant de retraite... La peinture est en manière de treillage en perspective, avec différentes fleurs et feuillages mêlés d'oiseaux. On y remarque des tableaux de paysage et de sujets champêtres en dessus de porte, lesquels sont de M. Boucher. »
Une Toilelle de Vénus et les Grâces enchaînant l'Amour, du musée du Louvre, en ce moment sans numéros et ne figurant pas au catalogue Villot, sont aussi signés et datés de 1749. Ce sont évidemment d'anciens dessus de porte, d’une fine couleur et qu'il faudrait voir en place. Enfin, dans la vente de Sir Culling Eardly, à Londres, on signalait deux grandes Compositions allégoriques, peintes par Boucher pour Louis XV, en 1748.
Le 14 mars 1749, les Bâtiments devaient encore à Boucher, sur les
ouvrages déjà remis par lui et après les acomptes versés, 3.700 livres”.
Au Salon de 1750 parut l’Adoration des Bergers, pour la chapelle de Bellevue. Ce n'est pas par une rencontre fortuite, c’est en vertu des lois mêmes qui président à la production des œuvres d'art, que, dans l’oratoire où priait la Pompadour, où l'abbé de Bernis pouvait dire la messe, le tableau d’autel fut signé de Boucher. Il avait déjà peint à Bellevue deux dessus de porte, — Vues chinoises pour un boudoir en perse bordé d’or, — et dans la fameuse galerie, chef-d'œuvre de la marquise, une série d’Altribuls de l'Agriculture, encadrés dans les fines guirlandes sculptées de Verberck. Il exposait, avec l’Adoration des bergers, quatre pastorales : Amants surpris dans les blés', — Sommeil d'une bergère*, — et une répétition d’un sujet qui lui était cher : Berger montrant à sa bergère à jouer de la flûte.
Les Nouvelles littéraires” accordaient alors à Boucher « tous les talents
. Grand Dictionnaire géographique, historique el critique, t. VI, 2° partie, p. 90. MONO À
. Gravé par Gaillard, d’après « un tableau du cabinet Périnet. »
. Gravé par Beauvais. (Cabinet de M de Pompadour.)
. Gravé par Gaillard, sous le titre l’ Agréable leçon.
. T. I, p. 467. (Édition Tourneux.)
qu’on peut avoir : une couleur agréable, une touche spirituelle; » mais
elles lui reprochaient de faire des « têtes de femmes plus coquettes que nobles, » et — critique plus grave — « de travailler pour de l'argent et, par conséquent, de gâter son talent. »
Le Mercure, toujours fidèle, risquait pourtant quelques timides objections en petits vers appropriés :
Boucher, dont le pinceau galant Fait naître partout sur ses traces L'amour, la volupté, les grâces, Je t’admire en te censurant.
J'ai vu ta nouvelle bergère ; À son air doux, tendre et charmant, A ses regards de sentiment, A sa taille noble et légère; « Heureux, ai-je dit, le berger! »
.… Mais à tout ce brillant amas De pompons et de falbalas,
Le berger m'a semblé devoir plus craindre qu'elle. Lise bientôt le quittera :
Une bergère d'Opéra Ne reste pas longtemps fidèle! !
Et, dans le même numéro, il faut lire encore une note — preuve que les brochuriers n'avaient pas désarmé — « contre les critiques sanglantes et personnelles que l’on a répandues sur les derniers Salons... Le malheur de ces sortes de brochures, si pitoyables qu'elles soient, c’est qu'elles se vendent par toute la France et dans les pays étrangers... MM. Coypel, Restout, Vanloo, Boucher, Pierre Natoire, auraient tort de se rebuter de pareilles critiques : le public éclairé rend à leurs talents la justice qu'ils méritent. »
Ces protestations, inspirées par Cochin, qui prenait très à cœur la cause de ses confrères malmenés et qui devait demander plus tard, dans une lettre officielle, l'intervention de M. de Sartines contre les « brochuriers, » ne suffirent pas à calmer et à consoler Boucher. Il devint moins assidu au Salon et n’exposa rien en 1751.
Il était encore cependant dans la belle et riche veine de son talent. C'est de ces années si pleines que datent quelques-uns de ses meilleurs