‹ François BoucherChapitre 42 sur 283 · Œuvres complètes. Épitres, t. NI. (Éd. de · texte numérisé non relu

Œuvres complètes. Épitres, t. NI. (Éd. de

2. Voici la liste des logements successivement occupés par Boucher, de son entrée à l'Académie à sa mort. Jusqu'en 1743, il habite rue Saint-Thomas-du-Louvre, près l'hôtel de Longueville ; de 1744 à 1749, rue de Grenelle-Saint-Honoré, vis-à-vis la rue des Deux-Ecus;

de temps après, il est vrai, on lui accorda, comme dédommagement, un atelier à la Bibliothèque du Roi, au-dessous du Cabinet des médailles, dans les salles du rez-de-chaussée, ouvrant sur la cour intérieure’, et que Restout, Vien et Houdon occupèrent successivement après lui.

C’est Marigny qui devait donner à Boucher cet atelier si désiré « aux galeries du Louvre, » celui de Charles-Antoine Coypel, premier peintre et garde des dessins du Roi, devenu vacant par suite de la mort de son titulaire, le 14 juin 1752. Cochin fut nommé au Cabinet des dessins et, dans le monde des artistes, Boucher fut désigné au premier rang des candidats papabili pour les fonctions de premier peintre. On lit en effet dans une lettre écrite alors de Rome par Natoire à son ami Ant. Duchesne*: «Cette belle place ne convient point à tous. Si j'étais sur les lieux et qu’on me fit l'honneur de (me) mettre sur les rangs, je ne me soucierais point de succéder à un homme tel que celui que nous venons de perdre... Je m'imagine entendre tous les discours de Boucher et ceux de Vanloo : les voilà tous deux dans une belle expectative. Je n’attends plus que la nouvelle de la décision pour leur faire mon compliment. »

Il devait l’attendre plus de dix ans. Comme le remarquait très bien le directeur de l’Académie de Rome, cette belle place ne convenait pas à tous. Il y fallait du tact, de l’activité, de la souplesse, de la fermeté et une constante application; or, les deux candidats de Natoire auraient fait de médiocres administrateurs; Grimm prétend que Vanloo ne savait ni lire ni écrire’; Boucher avait trop à faire. Même après leur élévation à ce poste envié, nous verrons qu'ils n’en exercèrent ni l’un ni l’autre les fonctions; ce fut Lépicié et après lui Cochin que Marigny chargea, comme on disait alors, « du détail des arts.»

On avait d’ailleurs en ce moment toutes sortes de bonnes raisons pour ajourner la nomination du premier peintre. L'argent manquait; on en était réduit aux expédients. Il faut avoir dépouillé les lettres éplorées de 1750 à 1752, rue Richelieu, près le Palais-Royal; de 1752 jusqu’à sa mort, au Vieux-Louvre. (Almanach royal, 1734-1770.)

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