‹ François BoucherChapitre 44 sur 283 · Arch. nat., O · texte numérisé non relu

Arch. nat., O

opportunes et que le Roy ne me dit : « Mon premier peintre s’était contenté de son atelier dans l’état où il était. » Je ne pense pas que vous deviez vous exposer à cet inconvénient! ».…..

On voit que, dans cette fin de non-recevoir, il entrait beaucoup de bienveillante sollicitude et qu’un pareil refus n'avait rien d’inquiétant.

On travaillait alors à l’embellissement de Fontainebleau. M" de Pompadour venait de s’y faire construire «un Ermitage; » on avait aménagé une aile nouvelle du palais pour le service du roi et quand il s'était agi de décorer de nouveaux appartements, Boucher, on le pense bien, n’avait pas été oublié. Déjà, en 1748, il avait été chargé de peindre, pour la salle à manger du Roi, un tableau de 4 pieds de haut sur 2 1/2 de large, représentant Deux nymphes de Diane au retour de la chasse, dont le mémoire avait été payé 600 livres, le 31 décembre 1748°. Marigny lui confia la décoration beaucoup plus importante de la salle du conseil. Lépicié, qui visitait souvent les ateliers et tenait le Directeur général au courant de l’état d'avancement des travaux commandés, écrivait le 14 juillet 1753: «Le s' Boucher travaille sans relâche au plafond de Fontainebleau et le morceau principal et les autres qui doivent l’accompagner formeront un tout que Piètre de Cortone, suivant moi, ne désavouerait pas. Je souhaite, monsieur, pour le bonheur de l'artiste, que vous confirmiez mon sentiment”. » Peu de temps après, le dernier coup de pinceau était donné; le morceau principal, c’est-à-dire, d’après les désignations mêmes du mémoire remis à la Direction générale des bâtiments, Le Soleil qui commence son cours el chasse la Nuit, était mis en place, et les quatre morceaux accessoires, Les Saisons figurées par des enfants, étaient exposés au Salon. Les cinq tableaux avaient été «estimés ensemble » 4.000 livres*.

En égalant Boucher à Piètre de Cortone, le bon Lépicié avait la prétention de lui faire le plus beau compliment du monde : il ne lui rendait pas suffisamment justice. Comme il arrive toutes les fois qu'on peut voir

1. Arch. nat., O!, 1924. Il y a bien 758 livres sur la minute de la lettre. Le chiffre paraît bien modeste pourtant, surtout quand on le compare au remboursement de 4.000 livres que Marigny fit, quelques années plus tard, obtenir à Boucher, sur les 9.000 qu’il avait dépensées en «ajustements intérieurs. » (Arch. nat., O!, 1064.)

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