‹ François BoucherChapitre 50 sur 283 · Arch. nat., O · texte numérisé non relu

Arch. nat., O

3. Douzième discours prononcé le 10 décembre 1784. (Œuvres complètes, t. 1“, p. 457, 1806, in-8°.)

mais c’est un symptôme inquiétant. Nous arrivons au moment du déclin: la partie la plus agréable de notre tâche est finie, il va falloir descendre l’autre versant de la colline. Lugete Veneres Cupidinesque !.. le « peintre des Grâces » va vieillir.

Boucher collectionneur. — Ses démélés avec Duflos. — Boucher aux Gobelins. — Travaux pour le roi. — Portraits de M“ de Pompadour.

— Peintures religieuses et illustrations du « Décaméron.» — Les Salons de 1759, 1761 el 1763. — Commencements de réaction. — Les

lableaux pour la galerie de Choisy.

{Photographie Braun

n [sa] 9] a) [a] a (Cp) [ea] & Re à] os si (a) S K Le

un artiste, c’est rarement pour ce qu'il a de meilleur, “£a et quand il s'abandonne à elle, il lui sacrifie toujours À) une partie de son talent; aussi arrive-t-il souvent que sa plus grande vogue coïncide avec le premier déclin de son génie. Ce fut le cas pour Boucher. Ses pastorales et bergerades, ses dessins à l’estompe et à la sanguine, au crayon noir rehaussé de blanc ou réchauffé de pastel, immédiatement reproduits par la gravure, trouvaient auprès du gros public un débit grandissant, surtout, disait le Mercure, « depuis que le nombre des estampes montées fait une riante décoration pour un très grand nombre de personnes qui

Fi]

CHAPITRE VI Lo æv3] OUCHER profita beaucoup de la mode. Quand elle adopte |

ne sont point en état de satisfaire leur goût sur une curiosité plus considérable. » Aussi, il faut voir le nombre de gravures d’après Boucher que les éditeurs jetaient à l’envi sur le marché : c’étaient les Amours en gaïelé, la Toilette pastorale, le Pasteur, la Petite Fermière, une Jeune Femme assise, un éventail à la main, le Retour de Diane, Érigone vaincue, Toilette de Vénus, Naissance de Vénus, par Duflos; les Charmes du printemps, les Plaisirs de l’élé, les Délices de l'automne et les Amusements de l'hyver (tiré du cabinet de M de Pompadour), les Armusements de la campagne, la Musique pastorale, le Blanchissage, la Crémière, la Quéteuse de grand chemin, la Bergère laborieuse, les Bergers à la fontaine, la Fécondité, les Charmes de la vie champêtre, la Coquette, les Grâces au bain, l'Oiseau chéri, le Rafraîchissement du voyage, le Colombier, l'Abreuvoir d'oiseaux, le Moulin à vent, la Maison rustique, le Berger napolitain, Sancho poursuivi par les marmitons, la Fontaine de l'amour, la Bergère attentive, la Chasse, la Péche, les Deux confidents, la Charmeuse, la Bouquetière galante, la Belle villageoise, la Voluptueuse, Silvie guérit Philis de la piqûre d'une abeille, l'Enlèvement d'Europe, la Bergère prévoyante, l'Obéissance récompensée, le Sommeil d'Annelle, les Nourrices, Jeune femme assise sur un lit, etc., par Daullé, Chedel, Gaillard, J.-B. Tilliard, Ouvrié, J.-B. Michel, Demarteau, Janinet, Beauvarlet, Aliamet, Aveline, de Larmessin…

Le Mercure de France remarquait que beaucoup de graveurs «copient le trait servilement et croient avoir fait une estampe. Les maîtres, dont le talent est facile et l'ordonnance agréable, sont d'autant plus exposés au malheur de ces mauvaises traductions que leurs compositions sont plus désirées... M. Boucher se trouve plus exposé qu'aucun autre à de pareils inconvénients... » Mais les estampes de Duflos étaient, d’après l’auteur de l’article, pour rassurer les amateurs et le peintre.

Bien qu’au témoignage de ses amis il n’ait jamais su profiter de sa réputation croissante pour augmenter le prix de ses ouvrages, Boucher voyait sa fortune s’arrondir rapidement, et, depuis quelques années, une large aisance était entrée chez lui. Il en profita pour satisfaire ses fantaisies et embellir son logement du Louvre, où il réunit une «infinité de curiosités", » et dépensa rien qu’en «ajustements intérieurs » 9.000 livres,

Page 1