‹ François BoucherChapitre 51 sur 283 · Blondel, Architecture française, IV · texte numérisé non relu

Blondel, Architecture française, IV

sur lesquelles la caisse des bâtiments lui en remboursa 4.000 en 1757. On peut suivre en quelque sorte, dans le Livre-Journal de Lazare Duvaux?, les progrès de ses revenus à l'importance de ses achats de 1749 à 1757: c'est d’abord un cabaret à six tasses céladon, un pot pourri de vieille porcelaine blanche avec relief en vermeil, des boîtes des Indes, deux buires et vases d’ancienne porcelaine bleu céleste à 1.200 livres; puis des bibliothèques en bois de rose pour loger les agates, onyx, émaux, rubis, topazes, œils-dechat, morceaux d’or natif, cristaux de roche, fragments de lapis, albâtre, chalcédoine, jaspe fleurie, cornaline, pierres fines, opales, grenats, émeraudes, coraux, coquilles, oiseaux, insectes, papillons des Indes, phalènes de la Chine, papillons bleus de la rivière des Amazones qu'il entassait chez luis, et qui offraient constamment à ses yeux, comme une palette étincelante, un scintillement de couleurs. L’exemplaire de la Bibliothèque nationale du Catalogue des eslampes de Rembrandt, recueillies par Amédée de Burgy (La Haye, 1755, in-8°), contient une note manuscrite sur les amateurs qui, au xvur siècle, recherchaient les planches de Rembrandt: Boucher y est cité, «qui trouve dans ce maître un ragoût et une intelligence si belle du clair-obscur qu'il se fait un vray plaisir de le regarder souvent. » Le catalogue de sa vente mentionne, en effet, « plusieurs dessins à la plume de Rembrandt, d’un bon effet, » plus vingt-trois estampes.

Ce catalogue est intéressant et instructif à feuilleter. On y trouve un aveu indirect des goûts et des instincts du maître, une liste de ses conseillers préférés, quand il avait le temps de demander des conseils. Il n’est pas indifférent de savoir, par exemple, qu'il avait réuni « cent trente-sept morceaux inventés et gravés par Tiepolo », quatorze dessins et une esquisse de Rubens, un tableau de Jordaens, Téniers, Ruysdaël, Berghem, Pietro Berrettini de Cortone et van Goyen, cent trente-cinq dessins de C. Maratta, des estampes d’après Gainsborough, ne dirait-on pas une

assemblée de ses bons et de ses mauvais génies, une révélation, par ses

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