‹ François BoucherChapitre 56 sur 283 · TRIOMPHE DE VÉNUS · texte numérisé non relu

TRIOMPHE DE VÉNUS

CorLEecrion A. be RorHscHiLp

Il n’était certes pas fait davantage pour la peinture religieuse. « Dans le nombre des tableaux de dévotion qu’il a faits, dit Antoine Bret dans le Nécrologe, la Nativilé et le sujet simple et gracieux des Saintes Familles sont les objets qu'il a choisis le plus souvent, parce qu'ils ne l’éloignèrent ni des grâces ni de la beauté qu’il aimait à peindre... Il faut pourtant avouer que, peut-être, dans quelques-uns de ses tableaux consacrés à la piété, entraîné par son talent, il a pu commettre la faute du Guide, qui, dans la chapelle secrète du Vatican, avait peint une Vierge dont le pape fit couvrir la poitrine par le Marattal Mais Carle Maratta ne se servit que de pastels dans le changement que lui demandait Sa Sainteté, afin qu’on püût, lorsqu'on le voudrait, ôter ce voile avec une éponge. » La peinture religieuse lui fournissait après tout une riche matière, s'expédiait aussi lestement qu’une pastorale, et le public n’était pas exigeant sur ce chapitre. On vit passer à sa vente des grisailles, ou esquisses, d'une Assomption de la Vierge, d'un Repos en Égypte, d’une Adoration des Bergers et des Rois, d'une Incrédulité de saint Thomas, d'une Présentation au Temple, et des copies par J.-B. Vanloo, d’une Sainte Famille, de Raphaël, du Mariage de sainte Catherine, de Rubens, d’une Sainte Famille, de Rembrandt, par Fragonard'. Après l’avoir pendant assez longtemps délaissée, il s’y était remis depuis que la Pompadour avait voulu un tableau d’autel pour la chapelle de Bellevue, et, tout en s’occupant des illustrations du Décaméron (1757, gravées par Flipart et Lemire), il peignait le Repos en Égypte, du musée de l'Ermitage, et l'Enfant Jésus avec saint Jean-Baptiste à genoux, du musée des Offices (1758). Au Salon de 1750, il envoyait une Vierge d’après le Mercure (ou une Naftivité d’après Diderot), qui mit en frais de littérature les critiques du temps. C'était Marmontel qui faisait cette année-là le Salon au Mercure, et il nous a confié dans ses Mémoires”, qu'il l’écrivit « sous la dictée de Cochin », avec le désir de donner «le modèle d'une critique saine et douce », également soucieuse de ne pas tromper le public et de contenter les artistes. Il loua fort «l'invention du

1. Voici les titres de quelques autres tableaux religieux de Boucher : La Lumière du monde, Mariage des enfants de Dieu et des hommes, la Samaritaine, Laban et Jacob, Éliézer et Rébecca, l'Ange et la famille de Tobie, Sacrifice de Jephié, l'Enfant Jésus el saint Jean, Départ de Jacob, etc.

Page 1