‹ François BoucherChapitre 60 sur 283 · Arch. nat., O · texte numérisé non relu

Arch. nat., O

généreuses et pleines d'humanité qui, chez les bons rois, on fait le bonheur de leurs peuples ? » Triomphez, Diderot ! C’est chez vous et vos amis les philosophes que le bon Cochin a pris ces idées et, son rapport rédigé, il s’est mis à travailler au frontispice de l'Encyclopédie (Salon de 1765).

Sous l'empire de ces idées, on choisit comme sujets’ : Auguste fermant les portes du lemple de Janus; Titus rendant la liberté à ses prisonniers ; la Justice de Trajan; la Charité de Marc-Aurèle; et comme peintres”, Carle Vanloo, Vien, « dont vous connaissez la sagesse dans la composition et le beau fini dans l'exécution; » Deshayes, dont l'Observateur litléraire disait que ce « gendre du Fontenelle de la peinture pourrait bien un jour en devenir le Corneille, » enfin Boucher « qui, écrivait Cochin, désire depuis si longtemps d'avoir enfin l'occasion de traiter un morceau d'histoire ».

Puisqu’on ne pouvait plus faire en tout repos et contentement d’esprit les Quatre Saisons et les Quatre Éléments, que le titre de «peintre des Grâces » allait devenir une sorte de note infamante, et qu’à produire toujours des Nymphes au bain, des Grâces au bain, des Atlentions dangereuses, des Caresses dangereuses, des Baigneuses surprises, des Hymen el l'Amour et autres frivolités galantes, comme celles que les estampes de Fessard, de Ryland, de Gaillard, de Beauvarlet répandaient à ce moment même dans le public, il jouait sa considération auprès des gens sérieux, le pauvre Boucher, vaguement inquiet et troublé dans sa conscience,

demandait à montrer qu’il pouvait lui aussi, tout comme un autre, «traiter

un morceau d'histoire, » et Cochin, qui connaissait bien et aimait le vieux maître, s'employait délicatement à satisfaire ce désir.

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