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et sage, t't là pour laisser tou„ ..i .aleur aux carnations lumineuses de l'accoucbéc. La nvmphc placée derrie.-^. ellc^ct qui la soutient dans scs bras, est brum avec un vêtement d un bleu cendré également très éteint : les autres jeunes filU sont des blonde* aux cheveux d'or pâle, et le rav in joue dans leur coiffure qui est du caprice le plu' e!,.garit. Une des nyrap' surtout Jri ' ■i-' '''«t ealli
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i- ; m,i Ils ...M pas mentionnée d.vr.i les livres du xvm’ siècle et quelle r i i
■ I. , -..ir. l’. -jr ia fraîcheur des tons, la curiosité de l'arrange meni le
TRAVAUX DE BOUCHER POUR LE ROI
charme des physionomies, le tableau que, faute d'un titre meilleur, nous intitulons aujourd'hui Latone dans l'île de Délos, est une des pages les plus heureuses de l'œuvre de François Boucher.
Il semble donc établi que, pendant les années voisines de 17^0, à l'heure même où M"”^ de Pompadour va avoir besoin de son pinceau et de ses conseils, Boucher a connu la joie du bon ouvrier qui se sent capable de bien Etire. On dirait qu'il a eu alors Ut conscience de ses défauts, et que, par un effort de volonté, il a su en diminuer les surprises, en modérer les dangereuses séductions. C’est là une belle saison dans sa vie. Diderot qui, il est vrai, n’a pu juger l'artiste que lorsque son talent fatigué glissait sur les pentes fâcheuses, a l’air de croire que Boucher était à moitié fou ; nous entendrons tout à l’heure le philosophe parler de son désordre et de son délire. Diderot n’a vu qu’un moment ; mieux informés, nous avons aujourd’hui sous les yeux toute la carrière laborieuse de Boucher, et nous pouvons dire qu’entre le matin, qui se souvient trop de François Lemoyne, et le soir, qui fut fiévreux et maladif, il y a eu un midi clair et relativement tranquille.
Pour les choses de la couleur, notre affirmation n’est point conjecturale. Nous avons des preuves authentiques et des dates certaines. Vers 1750, Boucher n’exalte pas les tonalités, il les calme, il les noie dans la grande douceur environnante. Il aime les bleus éteints et les roses pâles. 11 ne veut plus croire aux lumières brillantécs et métalliques qui l’amusèrent au temps où il peignait la Naissance et la Moi‘t d’ Adonis, du cabinet de Lalive de Jully. Si ses yeux ne lui permettent pas d’apercevoir toujours la nature sous son véritable rayon, sa vue, encore inaltérée, ne lui montre point ces pourpres violents, ces rouges excessifs qui naîtront plus tard sur sa palette comme des fleurs malsaines. Boucher est alors un coloriste qui se possède, et, avant de poser un ton sur la toile, il s'arrête, il réfléchit, il demande aux tons voisins s’ils feront bon accueil au nouveau venu.
Et ses compositions aussi sont heureuses, parce quelles sont calculées. Boucher remplit le cadre jusqu’au bord ; il étoffe la décoration; il ne veut pas avoir l'air pauvre, mais il ne jette point ses richesses au hasard, il les dispose, il les arrange. Il ne s’est nullement réconcilié avec la ligne droite qui, décidément, ne lui paraît guère pittoresque; l’enroulement des courbes est sa ressource principale; toutefois il les varie et les combine avec soin, en vue de l’effet d’ensemble. Quant au mouvement, il l'obtient toujours. Il sait le secret de la figure qui vole et de celle qui monte, il s’amuse aux raccourcis de ces attitudes renversées dont Lafont de Saint- Yenne discutait l’élégance. Et sur ce spectacle agité il met,
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