LA FEMME AU MANCHON
(Musée du Louvre.)
^ BOUCHER ET MADAME DE POMI’Ai>=^ •'
Rubens. Lô peintre . t déjà au maître flamand; le dcssinatcui pi, . l'avis qui lui étaii -i ‘îrülli^mmtm donné, les compositions mytholoyiqu»-itri dictait sa e> qui étaient d'ailleurs si bien accueillies, ces Vénu
promenant' . - t -ja '.te 'îur la mer. ces Néréides n;igcant à fleur d cau, ces chj> scresscs eu.l-.ro > 4ttu les bob sous le regard des Açtéons curieux, toutes ces
fables ;-f t . .■ •- ..mies troir.aient dans la nudité leur raison d'étre et leurséductior 1 a .««J» de la femme atfratt fort contristé le xviri* siècle : pour Boub' ... . .'as .'.V wsïstîent . t le suidd.‘ I s ^ealité de sa vie et la cbimcrc de scs
uuet.
■nM. qu'il en a trouvé - - ' robustesse
or»- alors, sulvns.
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, jantenr é. le (.,ivdo.i ubaîKuMtpc des 7'rois Grâces, dont i.
. a.ons pail-. v.uclivi avait i.. souplesse et la fermeté des carnations
jeunes, guidé jii modèle dont t-jus ne savons pas l'histoire, il revint à œs types étolfét bien . ^tants et il crayonna magistralement quelques académies de femmes nues qui sont ur nous au nombre de ses chefs-d'muvre. Un dessin de EAlbertme à 'Vienne nous m i : '^'■'nus tenant à l,i main la p<.mm. o mboliquc
•• qu'un petit Amour vient de lui r'-s-.v-.i-, ,j n.>, i. !. rluir n
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-italien nest pour rien ■ si- .n.inte image ; est a Rubens que Boucher a pei sr “O- du moiii' à »».i. us K-s yeux une nature plantureuse, et il a
superbement exprimé le ‘ ! ■ (cj méplats, les reliefi de la
forme en moiuement, il ■ ■■ - morbidesse et la fleur de l’épidcrme
assoupli.
Il faut Jirc qui ce jour-U. H -ter avait rencontré un modèle exceptionnel, bien autremem robuste qu< . > ^ qu il introduisait ordinairement dans se*
BOUCHER ET MADAME DE POMPADOUR
tableaux. Presque toujours, les femmes qui ont posé devant lui sont de très jeunes créatures, d'un développement encore incertain, mais d’une mine déj.a fort éveillée. Telle était sans doute cette petite Morfil ou Murphy (si l’on veut, conformément à la légende, lui attribuer une origine irlandaise) qui, .après avoir traversé l’atelier de Boucher, monta en grade et brilla sur un autre théâtre. On a beaucoup parlé d'elle; mais son état civil reste douteux. 11 n’y a guère de sérieux sur son compte que les courtes paroles du marquis d’Argenson ' . C’est lui qui nous dit en mars i v 5 j que le roi s’est épris d’une « petite fille qui servoit de modèle .au peintre Boucher » et qui complète peu .après ces premiers renseignements. Elle devint en effet la m.aitresse de Louis X’V, à l’heure où M’"' de Pompadour, amaigrie et maladive, commença à n’être plus pour le roi que la moins jalouse des amies. Ce sont là, il est vrai, des choses intimes qui ne nous regardent pas. Si nous les avons rappelées, c’est seulement pour marquer une date et pour dire que les amateurs en quête du portrait de la petite Morfil ne peuvent guère le trouver que dans les Boucher de la fin de 1752 ou des premiers jours de 175 j. Des le mois de mars, elle lui échappe et s’inscrit, pour un instant, au catalogue des maîtresses royales.
Quoi qu'il en soit, l’œuvre de Boucher subsiste, et elle donne raison à Reynolds : un moment vint où l’artiste, sans renoncer complètement à l’étude de la nature, lui demanda plus rarement des inspirations. Le praticien l’emporta sur le maître sincère qui croit no jamais savoir et qui lit tous les matins quelques lignes .au livre de la vérité. On frémit à la pensée que Boucher aurait pu devenir un Natoire. M"“ de Pompadour devina le péril. Elle voulut ramener son peintre au respect de la nature et, comme elle aimait à être regardée, elle lui demanda son portrait.
Boucher n’était guère portraitiste, et, s’il fitut parler en toute franchise, son indifférence en cette matière ne fitit pas grand honneur à son talent. Le visage humain était-il pour lui sans éloquence ? Ne comprenait-il qu’à demi les confidences du regard et les aveux du sourire? 11 est certain que, dans la biographie de Boucher, le chapitre du portrait est assez court. Quelquefois, prenant un bout de crayon, il a ess.ayé d’exprimer une ressemblance, et cette préoccupation se retrouve peut-être dans un croquis du Louvre, la Tcie de jeune fille. Mais la tentative fut rarement renouvelée.
Comme peintre, Boucher a tait très peu de portraits. Celui du maréchal de Lowcndal ne nous est connu que par f estampe que Larmessin exposa en 1748. A une date ignorée, l’artiste avait crayonné au pastel le joli minois de la danseuse
i . Mcimires du marquis d’Argensan, iS58, IV, p. lag et 184. On peut d'ailleurs voir sur la petite Morfil ce qui a été dit par MM. de Goncourt dans leur noliee sur Boucher et dans leur livre sur M"" de Pompadour.
BOUCHER ET MADAME DE POMPADOUR
portrait de femme qui, d’après le caractère de la peinture, paraît se rapporter à la jeunesse de Boucher. Vue à mi-corps, de trois quarts, les cheveux poudrés, les mains dans son manchon, l’inconnue porte une pelisse de velours bleu garnie de fourrure. Elle na pas lair très grande dame. C'est peut-être une amie de
ijS
M’'“ Rivière. Le maréchal et la danseuse semblent perdus, ou, du moins, nous ne les avons pas retrouvés. La donation de M. Lacaze a enrichi le Louvre d'un
TÈTE UE JELSE FILLE (Destin du mus£e du Louvre)
BOUCHER ET MADAME DE POMPADOUR
M"’® Boucher, venue en visite et peinte par l’artiste, sans prétention, et sur le premier carton qui lui sera tombé sous la main. L’œuvre cependant manque de flamme : Boucher semble mal à l’aise dans ce rôle de portraitiste qui n'est pas le sien.
Plus tard, en 1749, il montra un pinceau plus libre et de plus spirituelles allures dans un portrait d’enfant qui appartient à M. Charles Pillet, et qui passe pour représenter le jeune duc Philippe d’Orléans. Le petit prince — il avait alors deux ou trois ans — est figuré dans un costume assez fastueux et s’amuse avec un hochet. La peinture n’est pas sans largeur, et les accessoires sont traites d’une façon délibérée et cavalière.
Néanmoins il semble probable que lorsque Boucher était chargé de faire un portrait, il s’en acquittait sans enthousiasme, avec le secret ennui d’un peintre qui a commencé une Diane et qui est désolé de la faire attendre. Son idéal n'était pas là. Boucher ne pouvait cependant que s'incliner devant le caprice de M'"<= (^Q Pompadour, et, pour lui complaire, il essaya à diverses reprises d'éterniser son image. Je ne citerai que deux de ces effigies, parce qu'elles sont caractéristiques.
De ces deux portraits, le plus célèbre est celui dont le Mercure parle pour la première fois au mois d'octobre 1756 et qui fut exposé au Salon de l’année suivante. Nous l'avons vu pendant longtemps chez M. Duclos, et il a reparu en 1860 à l’Exposition ouverte sur le boulevard des Italiens (collection de M. Henri Didier). Il a été gravé dans X Histoire des peintres et décrit par M. Charles Blanc. Assise sur une chaise longue, dans le boudoir qui lui servait de bibliothèque et de cabinet de travail, la marquise a sur les genoux un livre qu’elle ne lit pas. Elle est vêtue d’une superbe robe bleue, échancrée en carré à la naissance de la gorge, et semée de petites roses, dont le ton modéré s’allie sans fadeur à Létofte du corsage et de la jupe. M""® de Pompadour est chaussée de mules très coquettes quelle croise Lune sur l'autre, comme dans le pastel de La Tour. Une grande glace placée derrière elle reflète les détails du salon, les livres de la bibliothèque, les Amours de la pendule découpée en forme de lyre. Aux pieds de la souveraine, un épagneul, et sur le parquet les instruments du travail et des arts qu’elle aimait, le porte-crayon, des cahiers de musique, un plan à demi déroulé. Enfin, près de la marquise, qui était occupée comme un ministre, la table à écrire, un cachet, des lettres, des livres, tout ce qu’il faut pour gouverner un roi, tout ce qui raconte une existence et complète un portrait historique. L’œuvre est conçue et disposée avec ce goût que les artistes du xviii® siècle possédaient à
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défaut de génie et que Boucher a montré dans plusieurs de ses compositions. Les accessoires sont en grand nombre, mais ils n’ont pas l’impertinence de parler trop haut, et le personnage garde l'autorité et le prestige du premier rôle. Dans la couleur, beaucoup de bleu, beaucoup de rose et une harmonie très douce'. Ce portrait, qui, bien mieux que ceux de Drouais, explique le long caprice de Louis XV, devrait être au musée du Louvre.
Nous avons vu en 1857 à l'Exposition de Manchester un autre portrait de M'”*-' de Pompadour, qui appartenait alors à M. James Gibson Craig, et dont le sort actuel nous est inconnu'. C’était une peinture de petite dimension. Ici la marquise, élégante de costume, mais moins princesse et assez bonne personne, est assise dans un jardin et se repose pensive sous de grands arbres, au milieu des fleurs. C'est à la fois un portrait et un tableau.
Les anciens catalogues mentionnent çà et là d'autres portraits de M™® de Pompadour par Boucher ; le pastel qui a ligure en 1781 à la vente de Sireuil, valet de chambre du roi, devait être une œuvre charmante et fine, mais on ignore ce qu'il est devenu. Le fait important, c’est que, pour complaire à la flivorite. Boucher a consenti à se déguiser en portraitiste, et que cette concession lui a réussi. Il ne renonçait cependant ni à son idéal accoutumé ni à ses travaux ordinaires. En 1/)): il parut vouloir revenir au paysage. Cette date se lit sur une peinture spirituelle et pittoresque, le Moulin, que possède M. Rothan.
Mais Boucher venait d'être nommé inspecteur aux Gobelins, et il se hâta de travailler pour la manufacture. Il peignit en 17^6 les deux tableaux de forme ronde qu'on retrouve au musée de Tours, et dont le sujet est emprunté à ÏAminte du Tasse. Dans le premier épisode, Sylvie s’élance éperdue en fuyant le loup qu'elle a blessé. L’animal la suit de très près et va l’atteindre; on voit sa tête émerger entre les herbages; malheureusement, cette tête est en carton, et elle lait sourire. Dans le second médaillon, Sylvie vient en aide au malheureux Aminte, qui s'est précipité du haut d'une colline; elle le ranime par ses tendresses, elle pose sur les lèvres du mourant un de ces baisers qui rendent la vie. Et ici il y a dans le groupe amoureux quelque chose d’assez exceptionnel chez Boucher, un sentiment peu écrit sans doute et qu'on devine cependant. Les deux tableaux
1 . Nous devons avouer que le baron Grimni ne pensait pas comme nous. .Xprês avoir déclaré que le portrait
de Boucher est i< autrement mauvais » que celui de La Tour, il ajoute : « Détestable pour la couleur, il est si surchargé d'ornements, de pompons et de toutes sortes de fanfreluches, qu’il doit faire mal au.\ yeux à tous les gens de goût. « Correspondance littéraire [Octobre III, p. q32.
2. Au mois de janvier 1876, M. le comte de Lonsdale exposait à Burlington House un portrait de M'"' de Pompadour par Boucher.