LA DANSE ALLEMANDE
(D'après la gravure de Deinnrteau.J
lES DERNIÈRES ANNÉES DE BOUCHER.
Dans le desfin, où >: at brûlement la san^iiic, le crayon noir. I< bUnc. et qui ctail f' ' mMircment harmonieux, ces defauts de coloration, ' exaltation arb«i ~ r' 4o ton local n'apparai&saient pas. Boucher s'en rendait compt.^r sans doute, a. dernières années, il dessina beaucoup, il n'inventait plus, il
« souNcnifi ‘ n f<'<pect permunt pour les galanteries mythologiques lui inspirait le grî J drMin de où Mars et Vénus sont tendrement enlacés sous
la protc<tr«» J ou groupi J Amour», suncillants peu attentifs qui s'amusent à faire de» >u L’année suivante, il composait un frontispice pour
I ^ i -t t' j' Ki d • •'»e> >nnraux . Le livre ne fut publié qu'après
1 L . r» Auk'«iStin de Saint-Aubin. .
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Il y a du niM^, .nt contraire - »
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pfnpoaiOfî Uw» |»crv>ftnagcs n rst pcut-circ pas tout à ;aic orthodoxe : la ligure dt .¥ tilU dont le» mains i'cnlaccni à celles de son amoureux semble un peu I >^rtc qu'il ne faudrait ; mais' le groupe est charmant et’ je m'étonne que -S urv a<; l’ait pas traduit en porcelaine. Quant au titre de l'estampe, c’est probahf.rncM une invention de ürmartcau. U* sujet l’est pas essentiellement germanique t» dernière riioumcllc, le l ' '■? iIicî'k*u*c kl»** oo»»
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porta bt^nbciïf » l't»ucher. Cc>? Duieî- 1 qui '.apprend. Dans son compte rendu, écrit apré» la clôture du Salon d^ r-rtf, *.q aussi après la mon du'^cintre, il y a cr*mme un vague r^rct davnir trop «auvent parlé avec irrévérence de celui quil upp- 'li; . elle fois le * vieil athlète ». Le critique signale de la facilité ef «4é la fouguv celte’ d/jrcAe ifc bok€mîens, qui mettait en scène une foule de
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LES DERNIERES ANNÉES DE BOUCHER
figures, d’animaux et d’accessoires pittoresques. Diderot reconnaît même la beauté de la composition. « La touche, ajoutc-t-il, était hardie et spirituelle; on discernait partout le grand maître : le ciel surtout, chaud, léger, vrai, était d'enthousiasme et sublime. »
Et après avoir écrit ces derniers mots, qui jurent un peu avec ses déclarations antérieures, Diderot semble vouloir en amoindrir l’effet, et il s’amuse à faire dialoguer deux interlocuteurs imaginaires. L’un soutient que la Caravane de Boucher était le plus mauvais tableau du Salon; l’autre prétend que c’était le meilleur. La conclusion du philosophe n’est pas courageuse : il finit par donner raison aux deux discuteurs. Qii’est-ce à dire, sinon que Diderot était vaguement troublé et qu’il avait presque un remords d’avoir parlé trop spirituellement, trop méchamment, du peintre que ses contemporains ont tant aimé.' Il en a fait luimême 1 aveu loyal dans une ligne de ses Pensées détachées sur la peinture : « J’ai dit trop de mal de Boucher : je me rétracte. »
Boucher n’aura vraisemblablement jamais su quels orages intellectuels, quel désordre il a provoqués dans l’esprit de Diderot. Les Salons du critique n’étant pas imprimés, il n’a pas assisté aux débats intérieurs de cette âme mobile et passionnée. Pendant dix ans, l’écrivain a repris le portrait du peintre, le retouchant et le modifiant sans cesse, sans pouvoir parvenir à fixer l’effigie définitive, le médaillon, ne rarietur. Boucher aurait pu — car il était aimable et doux 1 aider dans ce travail. Il est vrai qu’à cette époque le pauvre artiste était bien indifférent à ce que les gens d’esprit pouvaient penser de lui. Secrètement, il sentait sa rie s'en aller.
Deux malhetus sétaient abattus sur sa maison. En ip6;. Boucher avait vu mourir Deshays, le mari de sa fille aînée; le 15 décembre 1769, le second de ses gendres, le peintre Baudouin, disparut à son tour. La mort de ces jeunes gens déconcertait toutes ses espérances. Le printemps de 1770 s’annonçait plein de tristesse, et néanmoins Boucher travaillait encore. Nous avons au Louvre une de scs dernières œuvres, la Présentation de Jésus au temple. Cette grisaille, peinte à 1 huile sur papier, est colorée comme un tableau, tant les tonalités sont chaudes et l’exécution enflammée. Mais c’était là une sorte de testament et comme un adieu plein de fièvre. Ce n’est pas sans effort que Boucher restait debout. Le IJ avril, il dînait chez Basan avec le graveur George Wille, avec Jean Monnet,
1 ancien directeur du théâtre de la foire Saint- Laurent. On parla sans doute des décorations du ballet des Fêtes chinoises, et les vieillards retrouvèrent dans le charme de leurs lointains souvenirs une heure de rajeunissement. Gaietés inutiles et trom-