‹ François Boucher, Lemoyne et NatoireChapitre 7 sur 64 · MOTIFS TIRÉS DE L’HISTOIRE DE PSYCHÉ · texte numérisé non relu

MOTIFS TIRÉS DE L’HISTOIRE DE PSYCHÉ

Palais des Archives Nationales.'

• imm une sorte d'efiaccniem du ton I : i - , a* ^

I - une d’un ^;ris bleuâtre qui n’est pas sans Um ' • .. »« »a

K- -I i i;iit ^’ >us avons la un exemple signirtcatif d’Une ïT>e>*.ç-n fr^ni'-mmtni aux maîtres du xvm' siècle : en agrandi^ant leur ^ &ouv<«t aîlaibW icur pensée et leur coloris. Pour Natoire, le lj»t est -m retroiîoe eu musée d'Orléans une petite esquisse du grand tableau coni .1 entrée t' •nr'hjlv de ,l * •' ;>ii* Lit j! y a des pâleurs grises, des bleus ■ * • • • ' • e- • ‘ ^ ^ f esquisse est beaucoup plu»

ri nonchalants qu'on " ' ’^ilhcureu-T Natoire

■ • ' ' ■ corti-

3HDY2q aa 3>noT2iH'j aa aaxix 2aiTOM

pc cîuir-nan-

■i paru r-:r »UIP- „u .iol»T ' *■ <

.v-r pc.»tuu > ! ‘ 44 ■■■ s s O .4 .in*. V;in>«»0, il OUt

I* un rffon f'-tir m. *«. ^ î'atirt; par de paroils concurrents. Se»

panneaux rcprcscntaicni Thalw, Terpsichore et Calliope, et ces mii-scs n’avaient vraiiTu ni pas iiup l’air mal h l^ur aise dans la découpure do leur cadre fantasque. Bien que 1(! style des liuureâ ne ffli pa> d'un ^r«}i trv» ilfiurt, S'amirc naii rctrQ0ve*là le pincciii d'mr il iséiaii wrxi a IbCttel Stiubisc, et set colurstinn*.

d Ittk <4tctr fimpéu-'.’ O. pirji X.11. f'.i p... :yri;r.

?i** ' . ■ - ■ ,"-^r - t . iAl», il dit bien

‘ '• ' ‘ I *4 s-;‘on xrî ^ jatfur, il se préoc-

'• f . ‘C ‘ w, l'cmiuic au cjrjrt'.TO .irch«îrr<4i«j*|ijc

Ou in>.';^fO>cR ''U du • m-. I jv ‘1*10 ^ciachccs dt*> K>e.--'K« et

dfpfcr. Joni files sont !.. v.iir^wo parure, placéct da»' m; n3*é- % vsiie de tableaux sérieux, ses ,myth/*logicj pr -aarot de i > > ur c: de 1 incon-

sistance, ou du moins elles a^olu;l^[ Kmx fiifrkiM' ; • 0<u < .».,«■ vUn* K milieu pour lequel elles ont été faites, cint>irii>Wt èt om-n- Me. dans leurs

découpures d'or. On comprend ^lors -ÿM»4c im leur XLitu d, -.laiivc, et pourquoi elles peuvent être, sinon dK admiiC' ci pardonnées.

Les fins critiques du xvi:i* ckoli: n-. k- iin*nt pa^ d ailleurs trop d’illusions «*T Natoire. On lui adressa çà et Lt quelques' réprimandes, Lorsque, en 174b, il ' dans des cadre» de plus en plus chantournés — le Sottie de Télema/jire

CHARLES NATOIRE

ime Vierge fort mondaine, et des allégories qui lui paraissaient sans doute des modèles d'ingéniosité et de grâce, il entendit, au milieu des applaudissements de sa clientèle ordinaire, bruire à son oreille le sifflement alors nouveau d’un de ces redoutables serpents que l'on n’appelait pas encore des salonniers, mais qui sont cependant pour nous tous des initiateurs et des ancêtres. Après avoir querellé doucement Boucher sur un certain manque de vigueur, Lafont de Saint- Yenne ajoute : « Le public pense à peu près de meme des tableaux du sieur Nattoirc, dont les carnations sont encore plus foibles et dans un petit goût de mode, très clair à la vérité, mais en meme temps très fade. C’est aujourd'hui la teinte générale de presque toutes nos productions dans les lettres comme dans la peinture : tout y est de la couleur des roses et en conserve la duréeh » Ces remarques, absolument justes, sur l'afEiiblissement du ton, sur le « petit goût de mode », montrent que Lafont de Saint -Yenne ne connaissait pas trop mal son Natoirc, et nous devons ajouter que le reproche avait de la valeur venant d'un homme qui , nous l'avons vu, avait rendu justice à Lcmovnc.

Il est certain que la victoire des notes rosées ne fut pas obtenue sans débat. Los partisans des anciennes méthodes se défendirent; mais le public et la plupart des connaisseurs tenaient alors pour certain que l’art ne saurait jamais être trop agréable. Natoire fut bientôt consolé : un écrivain poussa la galanterie jusqu’à le prendre tout à fait au sérieux. A propos du Salon de 1747 où, s’associant au concours organisé par Lenormant de Tournehem, il avait exposé une Fêle de Bacchus, l'abbé Leblanc déclare du ton le plus affirmatif que, dans cette composition « aussi heureuse que savante, M. Nattoire a parfaitement imité le Poussin ». Après ce début assez fantasque, car la découverte d'une analogie quelconque entre Natoirc et le peintre des Andelys fait supposer un état d’esprit bien inquiétant, l'abbé s’exalte sur l'intéressante question du coloris. « A voir le tableau de M. Nattoire, écrit-il, il semble qu'il ait déjà reçu du temps ce vernis précieux qui fond les couleurs et qui, communément, donne seul ce bel accord aux ouvrages des plus grands maîtres*. » Comment cet accord était obtenu, nous le savons aujourd’hui. La Fête de Bacchus, qu'on a longtemps vue au château de Saint- Cloud, a été apportée au Louvre à la veille de la guerre de 1870. Ce n’est pas un mauvais Natoire, et le tableau est curieux, car il prouve que, pour constituer l’harmonie, l’artiste avait recours à un procédé bien simple : il abaissait l’intensité de chaque ton local, et dans les carnations de toutes ses figures il intro-

1 . Rc/Iexions sur quelques causes de l'état présent de la peinture en France, 1747, p. 76.

2. Lettre sur l'Exposition des ouvrages de peinture, 1747, p. Co.

CHARLES NATOIRE

duisait un peu de jaune. La Fête de Bacchus est une réunion de lymphatiques.

Mais, sous Louis XV, alors surtout que les tableaux de Natoire avaient une Iraîcheur qu'ils ont en partie perdue, on n'y regardait pas d’aussi près. En 1748, un autre critique, Saint-Yves, ne fut guère moins gracieux que son confrère l’abbé Leblanc. Natoire avait exposé un immense tableau destiné à l'une des églises de Marseille, le Martyre de saint Ferrcol. Dans le paragraphe qu’il consacre à l’infatigable peintre, l’écrivain commence par déclarer qu'il est « quelquefois un peu froid »; puis l'objection s’enguirlande et disparaît au milieu des phrases les plus élogieuses : « Dessinateur profond et élégant, mais trop difficile à se contenter, loin de s’abandonner à toute la fougue de l'enthousiasme... souvent il en étouffe les transports, et dès lors les ouvrages de M. Natoire s'en ressentent, et manquent de temps à autre de cette chaleur qui enivre. » Après cette observation, qu'il était curieux de noter dans sa forme adoucie , Saint-Yves qui , lui , ne retient pas sa fougue, se laisse aller à un véritable délire. Il est tout à fait conquis par le charme de la coloration, il ne proteste pas contre les tons clairs. « Les progrès que M. Natoire a üiits dans la partie de la couleur qu'il avoit autrefois un peu foible et d'une teinte jaunâtre annoncent en lui un coloriste qui le disputera bientôt aux meilleurs que notre nation ait eus, et le public, qui reconnoît en lui un talent infini, ne trouvera plus à désirer dans ses ouvrages, dont plusieurs sont déjà l’ornement des cabinets les plus curieux' ».

Natoire brillait en effet chez Jullienne, chez Crozat et chez d’autres amateurs fameux. 11 était aussi dans les édifices. Le Mercure de France parle en 1750 de la grande décoration qu’il avait peinte sur les murs de la chapelle des Enfants- Trouvés. Ainsi qu'on peut le voir dans les gravures de Fessard, cette décoration constituait la richesse véritable du monument construit par Boffrand à l'angle du parvis Notre-Dame et qui a disparu lorsqu’on a bâti le nouvel Hôtel-Dieu. Pour la partie proprement ornementale et, aussi, pour les fonds d'architecture sur lesquels s’enlevaient ses compositions, Natoire s'était adjoint deux collaborateurs, Brunetti père et fils, « dont la capacité est assez connue, dit d'Argenville* ». Malheureusement l’œuvre a péri. Natoire n’avait pas choisi un sujet trop austère : utilisant les surfaces que Boffrand mettait à sa disposition, appropriant ses

Page 1