Sa fille cadette
fois qu'une séparation, fut-ce de quelques semaines, t'a rendue à toi-même... Comme ta lettre de ce matin m'a rendu la joie, comme le courage et l'espoir me sont revenus en lisant ces chères lignes, où se révèlent à chaque mot la puissance et la grandeur de ta nature. Je t'aime, ma Rose, je t'aime avec passion, et ne suis pas digne de baiser tes pieds adorés i », etc..
On sait combien Henri Blaze et sa femme furent opposés à l'empire, mais les lettres du mari à la femme, si elles contiennent quelques critiques et quelques traits à l'adresse du gouvernement de Napoléon III, sont en somme assez discrètes pour ne pas éveiller l'attention de la censure postale constamment en éveil ; lorsque M"^ Blaze de Bury correspondra plus tard avec ses « alliés », elle prendra de sagesprécautions : de i860 à 1865 ses lettres contiennent surtout des nouvelles politiques ou des anecdotes sur la cour ; il est souvent question aussi de la Jeunesse de Gœthe, opéra qu'Henri Blaze écrivit en collaboration avec Meyerbeer à la demande de celui-ci ; qui fut terminé avant la mort du musicien, mais ne fut jamais joué, et est actuellement encore inédit à Berlin.
Je crois que notre critique, fort bien informé sur les petites intrigues et potins des Tuileries, devait l'être par son ami Belmont, dont l'Empereur avait