‹ François Buloz et ses amis (volume 2)Chapitre 12 sur 106 · mars 1859, inédite · texte numérisé non relu

mars 1859, inédite

Elle, el on vous fait fracturer un secrétaire des le premier chapitre pour ravoir votre correspondance avec M. Jean Cazeau, dont vous prenez la moitié du nom pour vous appeler William Gaze, et cela, après avoir fait partir pour l'Italie M. Jean Cazeau. Après cette séparation commence la liaison avec Edouard de Falconet et cette première partie finit par le départ des deux amants pour l'Italie. »

« C'est hier qu'on m'a remis cette belle histoire. » François Buloz juge que ce n'est qu'une parodie du roman d'Elle et Lui, une œuvre de grossière vengeance ; il a rendu d'ailleurs le manuscrit à M. de la Vilette... et prévenu le frère du poète : « qu'il allait faire une faute grave s'il allait plus loin ; mais on la fera, car il y a des provocateurs inconnus, une femme surtout; ceci n'est qu'une vengeance de petits esprits, ce que j'ai lu me paraît méprisable, il n'y a pas jusqu'à ce pauvre Planche qui n'y ait son rôle sous le nom de Diogène, et moi-même, j'y ai ma part... Gela pourrait faire du scandale, mais je ne crois pas que vous deviez vous en préoccuper, du moins si j'en juge par ce que j'ai lu\ »

« J'ai toujours dit, » écrit encore François Buloz à son amie la semaine suivante, « qu'Alfred, malgré tout, valait mieux que son frère, parce qu'il était poète et qu'il se serait refusé à certaines choses. Paul me donne trop raison-. Quoi qu'il en soit, et puisqu'on an-

i. Collection S. de Lovenjoul, 1" avril 1859, f. 11, inédite. 2. Paul disait ainsi quo son éditeur « qu'ils arracheraient le masque de Tauteur d'Elle el Lui ».

nonce des lettres de vous dans ce pamphlet, vous avez le droit d'empêcher la publication de ces lettres, c'est une chose jugée. Lorsque le marquis de la Vilette m'a apporté la première partie de ce roman-pamphlet de la part de M. P. de Musset, il m'a très longuement développé les griefs de celui-ci à propos de la destruction des lettres de son frère à vous adressées, et des vôtres à Alfred, remises entre les mains de M. Papet, et qui auraient été brûlées récemment. Puis M. de la Vilette a ajouté que Paul avait une copie de sept lettres de vous à son frère. Est-ce celles-là qu'on voudrait publier? Je ne sais. Mais le procédé sera blâmé par tous les honnêtes gens, et vous, vous pouvez vous y opposer, seulement, je ne saurais donner un avis en matière aussi délicate ^ »

Cependant, George, sujet de bruit et de scandale, ne se préoccupe de rien. Elle est, pendant ce temps, à Nohant, dans un sommeil perpétuel, c'est le résultat d'une grippe singulière : « Il y a dix ans », écritelle à François Buloz, « que je n'ai tant dormi... » L'agitation n'est pas son fait et que lui importe le livre de Paul ? « Je n'ai pas encore lu Lui et Elle, je n'ai pas eu le temps, car j'ai eu tous les jours des conférences avec des paysans et des fermiers, gens qui ne s'expliquent pas vite » ; d'ailleurs, ses amis lui ont conseillé de ne pas s'occuper de « cette plate méchancetélà ».

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