Inédite
2. En 1864, Maurice Sand ayant perdu un enfant, Marc, voyagea
voyageuse, les montagnes se sont encapuchonnées de nuages, elle n'a pas vu le ciel pur de mai, pourtant elle a gardé de ce rapide passage des visions de beauté qui hantent son souvenir ; de retour à Nohanl, elle écrit à M"" François Buloz, le 12 juin :
« Chère Christine, nous voici revenus dans notre « Berry, si plat, si pauvret, si pauvre homme en « comparaison de votre admirable pays, et dans notre « Nohant, qui fait bien de se cacher dans des arbres, « n'ayant rien de beau à voir au delà... Mais ce parace dis terrestre de la vallée de Ghambéry me reste « dans la tête comme un rêve, et j'y retournerai « bien sûr pour aller voir ce qu'il y a derrière toutes « ces montagnes que les nuages m'ont tant dispu- « tées.
« Ça m'a fait grand bien et grand plaisir de vous « revoir, chère amie, au milieu de vos grands enfants, « après vous avoir laissée au milieu de leurs berce ceaux ; vous voilà à l'âge de la récompense, et <( votre charmante fille, ainsi que votre Louisot^ « qui a l'air si bon, vous dédommagent du grand souci
en Savoie avec sa femme et alla visiter F. Buloz à Ronjoux. George écrivit alors à son fils :
« Je suis contente de vous savoir arrêtés quelque part dans ce beau pays... Vous aimez la Savoie, n'est-ce pas? Buloz vous fera voir ses petits ravins mystérieux et ses énormes arbres... C'est un endroit superbe que sa propriété, et tout alentour, il y a des promenades charmantes à faire. 11 faut voir mon château de Mademoiselle La Quintinie : il s'appelle en réalité Bourdeau et de là vous pouvez monter à la Dent du Chat... » (Correspondance à Maurice Sand. Palaiseau, 6 août 1864.)
i. Louis Buloz, Ois aîné de F. Buloz, devait mourir à Ronjoux huit ans plus tard en 1869.
« de l'élevage. Je vous ai retrouvée du reste aussi « jeune que je vous ai quittée, aussi douce, aussi « vivante, et aussi bonne. J'ai reçu des nouvelles « fraîches de mon voyageur en Afrique ^ Il est très « content, sauf qu'il pleut et qu'il fait froid par là-bas. « Ici on crie après la sécheresse. Il paraît que tout « est à l'envers dans ce monde. Et voilà M. de Cavour « qui le quitte au plus beau et au plus nécessaire « moment de sa vie ! C'est un vrai malheur, cela, et « nous en sommes tous consternés...
« Manceau me charge d'abord de vous présenter tous « les profonds respects ^'?//< parfait gentilhomme, en- « suite d'entretenir la mémoire de la signorina' dans « l'art des gaufres. Me voilà bienembarrassée car je n'y « entends goutte. J'aime mieux embrasser cette jeune « princesse qui n'aura jamais les allures d'une par- « faite cuisinière et que je dispense bien de les avoir. « J'embrasse aussi son frère à condition qu'il mette « ses chiens à la raison, et je n'embrasse pas Buloz, « c'est sa faute, il mange avec des bêtes, et il doit « être plein de puces \... »
Cette visite de George àRonjoux, ayant été signalée dans les journaux du pays, valut à M""^ François Buloz des visites destinées à la Reine de France, comme l'appelait François Buloz. M""® Buloz l'écrit à son mari : « J'ai reçu ce matin, avant 7 heures! la visite d'une gentille jeune fille accompagnée de son
1. Maurice Sand voyageait alors en Afrique avec le prince Jérôme.