‹ François Buloz et ses amis (volume 2)Chapitre 44 sur 106 · Saint-René Taillandier · texte numérisé non relu

Saint-René Taillandier

sir. Il est vrai que pour relier cette antinomie, il y a un troisième terme, dont aucun critique ne se préoccupe, et ne paraît se douter. C'est pour cela que la critique n'existe pas encore et fait généralement plus de bruit que de besogne. Si vous pouviez mettre la main sur la vraie, vous feriez une fière trouvaille, et une révolution en littérature. Mais où la pêcher? Je ne saurais vous dire. Avec la réflexion pourtant, vous verriez bien pourquoi, avec tant de talent et de savoir, les critiques ne font que donner des coups d'épée dans l'eau ' ? »

François Buloz, qui n'aimait guère le régime impérial, devait relever les remarques de son correspondant, touchant le progrès que l'empire imprimait à certaines questions.

« Voyez comme ce régime nous abêtit », s'écrie-t-il, à son tour. « En relisant l'épreuve de cette première partie \ je me surprenais à chaque instant dans des craintes vagues, et poignantes cependant... A propos de cette première partie, l'idée et les tendances se posent, de façon à ne laisser aucune méprise. Jamais autrefois de pareilles inquiétudes ne m'auraient même traversé l'esprit... Où l'empire nous fait-il donc reculer? Au delà de la Restauration et des Congréganistes... Ce qu'il y a de plus décourageant dans le régime impérial, c'est qu'il enlève tout ressort à l'esprit, et prend sous sa protection les plus vilains

1. Collection S. de Lovenjoul, 17 février 1763, f. 159. inédite.

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