‹ François Buloz et ses amis (volume 2)Chapitre 46 sur 106 · Collection S. de Lovenjoul, f. 90, inédite · texte numérisé non relu

Collection S. de Lovenjoul, f. 90, inédite

« totalité du clergé dans un réseau de douleurs, de c< rages, de hontes ou de désespoirs. » Après avoir parlé des vices immondes^ on ne manquera pas, me disait notre avocat, de vous poursuivre sous l'accusation d'outrage public à la religion et au clergé. J'ai donc dû ôter ces lignes. »

Pourtant, dira-t-on, George, par le prince Jérôme, pouvait compter sur l'appui du gouvernement ; l'Impératrice elle-même n'avait-elle pas donné à l'écrivain des marques de bonté? Ecoutez George : « Nous sommes aux mains de la fantaisie gouvernementale du moment. » Elle conte qu'au temps de Daniella ' elle reçut un avertissement dans la Presse, ce qui n'empêcha pas About de publier son livre, et le prince Napoléon de « dire quarante fois plus » qu'elle après coup. « J'ignore si le Prince pourra nous être une protection en ce moment, c'est selon comment Leurs Majestés auront été à la selle le matin. »

Genève commença de s'émouvoir avant Paris, et Victor Cherbuliez, qui est en Suisse, écrit au directeur de la Revue : « il/"^ La QuiiUinie a fait une grande sensation à Genève. On dispute pour et contre avec acharnement, l'œuvre est puissante et remue bien des idées. Qu'en pense M. Octave Feuillet ? » François

i. La Daniella, 1857. La plus grande partie du dernier feuilleton, qui valut un avertissement au journal Ao Presse n'a jamais été réimprimé (Etude bibliographique sur George Sand par le vicomte S. de Lovenjoul, 1914).

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Buloz affirme qu'actuellement à Paris l'impression est la même, « on admire et on maudit. Il y a des catholiques qui foulent les numéros de la Revue aux pieds; les autres la recherchent avec avidité ». Il y a des catholiques qui foulent les numéros de la Revue aux pieds ! dira-t-on qu'il s'en désole? Non, il est parfaitement enchanté de ces indig-nations et de ces controverses; je gagerais que si les foudres de l'Eglise le menaçaient, il goûterait fort l'aventure — pourvu toutefois que la Revue résistât aux foudres ^

1. « Miclielet a été très loin dans son livre du Prêtre, mais il faisait le plus souvent l'histoire des événements réels, se bornant à énoncer les inconvénients du confessionnal : puis son livre a paru en 1845, sous un régime de Presse libre. 11 reparut en IStil, avec une préface nouvelle assez vive, et on n'a rien fait contre lui, il est vrai, mais c'était une réimpression, et la coalition clérico-gouvernementale n'était pas née. » (F. Buloz. Correspondance avec G. Sand, inédite. Collection S. de Lovenjoul, f. 63.)

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