‹ François Buloz et ses amis (volume 2)Chapitre 5 sur 106 · Collection S. de Lovenjoul, 4 mai 18o3, inédite · texte numérisé non relu

Collection S. de Lovenjoul, 4 mai 18o3, inédite

La réponse de George Sand me manque. Cependant il est facile, d'après la lettre de François Buloz, d'en deviner le contenu.

Paris, le 17 mai 1853.

« Mon cher George,

« Je comprends parfaitement les raisons que vous me donnez dans votre lettre : dès qu'il s'agit de vos charges et des moyens de vous les rendre moins lourdes, je n'ai plus qu'à m'incliner. Il me serait d'abord bien difficile d'apprécier la différence de traitement, car je n'ai réellement aucune idée de ce que peut être un volume de 200.000 lettres, je ne sais même pas ce qu'une feuille de la Revue contient de lettres. Tout ce que je puis dire, c'est que j'aurais désiré une reprise de nos bons rapports d'autrefois... »

Mais « ces bons rapports d'autrefois » ne furent rétablis qu'en 1858, lorsque George, encouragée par M. Aucante, rentra à la Revue avec ï Homme de Neige. La lettre de François Buloz s'engageant à publier ce roman, fait partie de la collection Lovenjoul, elle est datée du 4 mai 1838, et adressée à M. Aucante, car George, maintenant, ne traite plus que par l'entremise de ses « intermédiaires », du moins, elle l'affirme, mais bientôt, les bonnes relations reprenant, les intermédiaires seront oubliés, et retourneront dans la coulisse .

Dès cette époque, la correspondance reprend entre les deux anciens amis, abondante et régulière. George

vient peu à Paris, ses lettres sont datées de Nohant, de Gargilesse, petit village de la Creuse dont elle s'est entichée et où elle va de temps à autre se recueillir; puis elle ira dans le Midi, à Tamaris; elle y écrira Tamaris ; en Savoie, et de ce voyage-ci naîtra Mademoiselle La Quintinie.

François Buloz publia donc VHotnme de Neige, dont le premier titre fut Le château des Etoiles. Le texte initial fut toutefois allégé, car le directeur demanda à l'auteur maintes coupures, que celui-ci accorda allègrement, d'ailleurs.

A cette époque, George écrit à son ancien ami : « L'ordre s'est fait dans ma situation, l'ordre et rien de plus, car je ne sais pas économiser. » Nous le savions. « Bon cœur d'un côté, « dit-elle encore », et faiblesse ou nonchalance de l'autre, je n'ai pas pu arriver à me reposer, et je ne sais si j'y arriverai jamais. » D'ailleurs elle déclare que pour cela, peu lui importe, car elle aime le travail par-dessus tout, et sa santé se soutient. Mais la dot de sa fille a disparu, et dans sa petite fortune, que de désastres encore ! Puis, les amis exilés, ruinés, les familles autour d'elle manquant de pain — à qui donc s'adressent-elles ? A George. — Donc, elle ne le cache pas, lorsque E. Aucante a pris sur lui d'offrir VHomme de Neige à la Revue, « dans un moment où l'auteur croyait François Buloz trop indisposé contre elle pour lui faire une ouverture quelconque », elle

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