Juillet 1869, inédite
2. Je ne sais guère à quelle t'poque placer la lettre suivante de Solange Sand, qui se mêlait aussi de littérature : sans doute, peu de temps avant son mariage, en 1847 ? Elle venait d'essuyer pour un
LE COy AUX CHEVEUX d'OR 167
Mais sur le sujet Je Maurice, George est intarissable. Le mariage de Maurice, ses voyages, ses travaux, sa vie, la naissance de ses enfants. Pour Maurice, quelle mère elle est demeurée ! George aime aussi profondément sa belle-fille. M""^ Maurice Sand, la fille de Calamatta : « C'est une petite sensitive, pleine de vitalité et de courage », écritelle le jour où le départ de Calamatta met précisément Nohant en émoi ; M""^ Maurice Sand pleure : « Ça déchire le cœur de voir pleurer les enfants qu'on adore. Et que faire? Pas de vie sans douleur, et ceux qui ne souffrent plus de rien, ne sont plus bons à rien \ »
roman, elle aussi, un refus à la Revue. La lettre doit cti'O adressée à Louis Buioz :
Montgivray, près La Châtre (Indre;.
« Monsieur,
« Mon caractère est trop bien constitué pour prendre en mauvaise part les objections de Monsieur votre père. Je le remercie de m'indiquer les défauts capitaux et j'aimerais, comme vous me 1 ofli'ez, qu'il me précisât les détails défectueux... Je suis absolument de votre avis sur le style. C'est pourquoi je demandais, avant la publication, du faire passer sous les yeux maternels... Mes types existent, le Turc en tête. Ce monde existe aussi, pas bien loin de vous et de moi, si je ne me trompe, et j'ai eu le loisir de l'étudier parmi les six mille mondes que jai hantés et que je vois encore... Je ne sais rien de plus excentrique (je redis votre mot) que l'espèce humaine... rien de plus fantasque, de plus absurde que les caractères européens, si graves qu'ils se croient être et se montrent, rien de plus bizarre que la vie : la vie de chacun prise à part, et regardée de sang-froid, sans préjugés politiques, littéraires, religieux, philosophiques, soidisant moralisateurs, ou autres. Je vois, je pense, je sens singulier. Je ne puis donc faire qu'excentrique... Les lecteurs de la Revue ne sont pas si timorés que vous le supposez. Ils ont avalé Ca7«ors sans sourciller, et digéré Oldenis sans murmurer », etc. (Inédite.)