‹ François Buloz et ses amis (volume 2)Chapitre 64 sur 106 · MARIE BULOZ EN SAVOIE · texte numérisé non relu

MARIE BULOZ EN SAVOIE

nous ne sommes revenus de Ronjoux que le 23 ? On. croît ici que c'est l'amour des cimes qui nous retenait là-bas ; les cimes ont leur charme, mais je me serais aisément dispensée de les contempler, s'il n'avait pas été absolument nécessaire que nous fussions là.

« Ma pauvre Marie a supporté bravement cette solitude alpestre, elle a étudié l'œuvre 33 de Beethoven, et fait deux mètres de tapisserie. Je n'en dirai pasautant de moi, mon Louisot^ me manquait, mes doigts sont raides à l'endroit de Beethoven, et la tapisserie me fait crier. Je me débattais avec l'architecte et les fermiers, à ce métier-là j'ai perdu toute la douceur primitive de mon caractère, et suis devenue unevraie harpie. Voilà le résultat d'un séjour infiniment trop prolongé en face du Nivolet^ »

Donc, François Buloz, qui aimait passionnément la Savoie, ne rencontrait ni chez sa femme ni chez sa fille, des goûts semblables aux siens. La sévère solitude de Ronjoux par le mauvais temps, ennuyait sa fille, et M""*" Buloz s'ennuyait voyant sa fille s'ennuyer. Les. jeunes filles de 1865 ignoraient le sport; les courses à l'air vif du matin dans la neige nouvelle, les eussent épouvantées, elles ne s'intéressaient guère non plus aux bêtes, qui sont la vie et la joie de la campagne; ces odalisques mettaient à peine le nez dehors, et lesdistractions sédentaires étaient insuffisantes pour leur faire accepter un exil que ma mère qualifiait de-

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