‹ François Buloz et ses amis (volume 2)Chapitre 66 sur 106 · MARIE BULOZ EN SAVOIE · texte numérisé non relu

MARIE BULOZ EN SAVOIE

de prendre son temps et de voir venir son idéal. On les marie presque toujours trop jeunes, et souvent on les marie pour les marier, ces pauvres enfants qui rêvent quelque chose, et quelqu'un au-dessus du réel, et qui ne rencontrent pas toujours ce qui serait seulement au niveau de l'ordinaire. Pourtant, je ne crois pas qu'elle ne doive pas, un beau matin, rencontrer celui qui méritera de lui plaire, par la raison que vous occupez un centre social où viennent converger beaucoup de talents et de capacités en tout genre. Il faut que cette capacité soit revêtue de jeunesse, de physionomie, de distinction et d'honorabilité, cela réuni ne court pas les rues, mais il n'est pas possible que cela n'apparaisse pas, parce que cela existe à coup sûr quelque pa^t^ »

Un an plus tard, Marie Buloz, toujours languissante, est encore l'objet d'interminables discussions épistolaires entre les deux amies. George, rude campagnarde, ne comprend rien à ces tristesses : « La vie n'est pas en danger avec ce bel aspect de fraîcheur et de santé; » on parle de Marie, autour d'elle, il n'y a dans ces conversations que sollicitude et sympathie : « Elle est si jeune, elle a une réputation d'intelligence, de grâce, d'esprit et de beauté, car elle a toutes ces choses, ne vous étonnez pas qu'on s'occupe de son bonheur... » D'après cette dernière

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