‹ François Buloz et ses amis (volume 2)Chapitre 73 sur 106 · La République française, 11 avril 1888. F. Sarcey · texte numérisé non relu

La République française, 11 avril 1888. F. Sarcey

2. Blaze de Bury habita quelques années, 9, rue de la Chaise.

aurait pu occuper, et comment ne fut-il pas de rAcadémie française? Il s'y présenta en 1870, mais se retira devant la candidature d'Emile Ollivier, puis la guerre vint, on oublia cet excellent homme de lettres.

Pour en revenir à la jeunesse d'Henri Blaze, il faut constater qu'Alfred de Musset, alors, n'éprouva pour lui que de l'antipathie. A son tour, Blaze ne manifesta au poète des Nuits qu'aigreur et malice. Pourquoi ? Jalousie de poète sans doute, Blaze lui oppose parfois même Arvers (on l'apprend avec étonnement). Il prétend que Musset n'eut pour Arvers que méfiance, et qu'il composa, en raillant son rival, «e petit quatrain :

C'est moi l'étoffe 0 philosophe !

Et ton Arvers N'est que l'envers.

Suivant Blaze de Bury, l'auteur des Heures perdues fut le sosie de Musset ; le talent des deux poètes se ressemblait, c'est pourquoi Musset, ombrageux, sentant peut-être qu'on les rapprochait l'un de l'autre, repoussa les avances d'Arvers.

François P"" comme Charles IX et la Saint-Barthé- Jemy, fort à la mode au temps du romantisme, tenta les deux « rivaux », qui écrivirent chacun un drame •dont la belle Ferronnière fut l'héroïne. Blaze préféra

le drame d'Arvers à celui de Musset, et cite même dans ses Souvenirs quelques passages inédits des deux œuvres ^ Pour sa part, Musset ne voulut jamais tirer la sienne de l'ombre. Celle d'Arvers parut en partie trop osée au directeur de TOdéon, qui craignit de la monter. Oui, il y eut certainement un peu de jalousie dans l'antipathie de Blaze de Bury pour Musset; les deux hommes ne se rapprochaient que

1. Voici le passage que Blaze qualifle de « rapsodie enfantine de Musset» dans son article sur Le poète Arvers. Revue des Deux Mondes, !•■• février 1883.

La première heure est triste, égayons la dernière.

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