COUSIN ET VILLEMAIN
lettre à M""" Blaze de Bury. Celle-ci, avisée, l'avait évidemment complimenté. Cousin n'est plus alors l'étourdi de génie, dont parle Sainte-Beuve, c'est un vieux monsieur assez malade, qui craint de souffrir de la pierre, le ton de ses lettres est bien bénisseur. Si Joseph Delorme a pu dire de lui jadis : « L'allure ordinaire de Cousin est celle d'un vainqueur : Veni, Vidi, F^c^... il monte continuellement au Capitole'... » Son allure maintenant est plutôt celle du « loup devenu vieux » .
« Je suis bien touché de la bonne impression qu'a faite sur vous le petit article de la Revue. Puisse-t-il faire la même impression sur d'autres âmes, de la même famille que la vôtre. C'est bien sincèrement mon dernier, mon unique objet. C'est désormais d'améliorer un peu mon caractère, et à faire quelque bien moral à ma faiblesse, avant de paraître devant Dieu, ou plutôt afin de vivre et de mourir en harmonie avec le Dieu que je vois, et que je sens partout, et qui ne me manquera pas plus dans la mort que dans la vie. Ce peu de lignes a fort irrité le parti athée, mais croyez-vous que le clergé ait senti le secours que j'apportais à la cause chrétienne? Pas du tout et à l'heure qu'il est, je n'en ai pas reçu le plus petit compliment d'aucun de mes amis du parti catholique. Le bon archevêque lui-même m'a dit que cette distinction ne plairait point à Rome. Si vous êtes en correspondance avec M. le curé de Saint-Louis