COUSIN ET VILLEMAIN
« Plusieurs de même s'en vont à Londres, porter l'expression de notre douleur à la pauvre famille, et je n'oserais écrire encore à M^'' le Duc d'Aumale. Mais j'ai bien envie de vous prier de me rendre un petit service, si cela ne vous incommode point. Pourriez-vous faire passer le volume ci-joint à M. Fraser d'Edinburgh ? Vous êtes tellement notre lien que mon triste livre lui paraîtra moins rébarbatif. »
J'aime à m'imaginer le vieux Cousin se rendant chez M"® Blaze de Bury. Je le voudrais vêtu comme il l'était souvent, son grand corps maigre drapé dans une « longue redingote de bouracan bleu » ornée de « trois collets doublés de peluche rouge ^ », le chef couvert d'un chapeau gris, une canne à la main. Dans sa vieillesse, ses yeux si flamboyants naguère et « terribles », étaient encore vifs, et illuminaient un maigre visage, que deux houppes de cheveux blancs encadraient. Monselet, le charmant et si fantaisiste Monselet, fait de Cousin un portrait d'un comique achevé lorsqu'il le montre dans son appartement où des araignées « du temps de la minorité de Louis XIV » se balancent, recevant un candidat à l'Académie. Se rappelle-t-on ce passage des Trétaux? Le candidat, timide, s'approche de Cousin. «Monsieur Cousin.., » etle philosophe sursautant : — « Qui estlà? Est-ce vous d'Hocquincourt? » L'autre se fait connaître : « Il y a deux fauteuils à l'Académie. »