‹ François Buloz et ses amis (volume 2)Chapitre 97 sur 106 · Ma douce et blanche dame, ma plus chère amie · texte numérisé non relu

Ma douce et blanche dame, ma plus chère amie

Un autre le 14 juillet :

« My dear and forgetful lady,

« I beg your mercy because I am a poor sick man, not only witha broken heart, butwith a sore throat. I am a speechless guest », etc.

et il signe

« Your dutiful servant and neglected friend*.

« VlLLEMAlX. »

Il se mêle à ses lettres, comme à beaucoup de celles qui sont adressées à cette femme, à la fois coquette et ambitieuse, des allusions à de graves travaux, et d'autres allusions, plus aimables : « Voici votre Grand Cyriis, l'honneur de Tavoir fait ne me consolerait pas de bien des choses. Je suis triste plus que je ne puis dire. Ce départ est demain et sans terme. Comme je vais regretter tout ce que vous oublierez... je suis entre ia grippe et le spleen, maladie qui est le contraire de l'oubli et de l'indifférence. »

Ces billets ne sont-ils pas fort mélancoliques ? et comme ils devaient ennuyer, mais flatter aussi, la belle personne qui les lisait. Elle les garda cependant. A-t-on refusé à Villemain la porte de son amie ? il lui écrit dès son retour, d'un ton assez renfrogné : « On m'a dit que vous travailliez. You are in high spirits

1. Ma chère et oublieuse dame, j"implore votre pitié parce que je suis un pauvre homme souffrant, non seulement d'un cœur brisé, mais de mal de gorge. Je suis un invité aphone.

Votre dévoué serviteur, et ami bien négligé.

because you not hâve an heartfelt sorrow \ » (Il en oublie sa grammaire.)

Une lettre commence ainsi : «Mille pardons mais je n'ai pas le bulletin des lois », et finit par : « Yours for ever. »

Un jour M"- Blaze de Bury a demandé à Villemain quelque renseignement, il s'empresse de lui écrire une note, qu'il lui envoie accompagnée de ce billet :

« My dear white and unseen lady,

« 1 beg your mercy because I love you, and I send you a token of my faithful service". Voici une note sur M. B.; j'aurais quelques détails à y ajouter, quelques traits de cet homme d'esprit sans caractère, mais la briëvelé dont vous avez besoin, exclut cela peut-être ^. »

Il faut bien convenir que le leitmotiv de Villemain, quand il s'adresse à sa correspondante, est la plainte. Beaucoup de ses lettres les plus longues sont adressées à la voyageuse au château duPlessis, ou au château de Brissac, d'autres lui courent après à travers l'Europe :

1. Vous êtes en possession detous vos esprits parce que vousnavez pas de chagrin de cœur.

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