‹ François Buloz et ses amis (volume 2)Chapitre 99 sur 106 · Inédite, 9 octobre, sans autre date · texte numérisé non relu

Inédite, 9 octobre, sans autre date

pardonnera pas de sitôt. Aussi traite-t-il assez vivement son auteur. Cet article de Yillemain sur Astériiis, év)êque d'Amasée est moins précieux au point de vue documentaire qu'au point de vue de la forme que l'écrivain lui donne : la description des paysages y est charmante et Villemain, puriste, s'y plaît.

La note de la direction qui accompagnait le travail du transfuge au Correspondant dut exaspérer François Buloz, elle se termine ainsi « ...Nos lecteurs nous sauront gré d'avoir accueilli avec empressement cette bonne fortune, et les collaborateurs habituels du Correspondant s'honoreront du voisinage d'une si haute renommée littéraire. »

Voici la lettre de François Buloz :

26 mars 1Sj6.

« Apprendrez-vous enfin, mon cher Henri, à connaître certains hommes pour ce qu'ils sont? Voyez le Correspondant du 25, et vous jugerez si Villemain vous a trompés l'un et l'autre aussi bien que nous.

« Après de tels mensonges, après un manque de foi pareil, nous avonsbien le droit d'apprécier à sa mesure, l'homme qui se respecte si peu, qui manque à sa parole, sans même l'audace de ces sortes de gens. Qu'il aille donc avec la tourbe des cagots, il est digne d'être au milieu d'eux, après les avoir décriés. Mais j'espère que vous et votre femme n'aurez pas la même indulgence. En tout cas, je vous demande instamment de faire connaître à Villemain l'opinion que j'ai le droit d'avoir sur son compte? Je n'ai qu'un regret,

c'est que ma lettre n'ait pas été remise sur-le-champ au personnage.

« Je garde copie de celle-ci, voilà pourquoi je la fais transcrire par G... ^

« Tout à vous,

« F. BuLOz. »

« C'est en vain que Villemain a voulu, avec sa finasserie ordinaire, tirer parti de ma lettre remise samedi seulement ; je sais que dès le milieu de la semaine passée, il avait corrigé déjà deux épreuves de l'article qu'il nous avait promis solennellement, et qui par conséquent ne lui appartenait plus. »

Je ne pense pas que M""^ Blaze de Bury ait tenu longtemps rigueur à Villemain ; le 30 juillet 1857, il lui écrivait au château de Brissac — il gémissait toujours :

« Vous oubliez même les missions que vous donnez, on ne peut seulement vous rendre compte de vos ordres, jugez ce qu'il est permis d'espérer de vos promesses. C'est à faire trembler. Agréez cependant mille remerciements bien dévoués de ce qu'il y a de si gracieux dans votre lettre... J'espère que votre santé ■^ et votre esprit vont se trouver au mieux de cette belle retraite, que vous vous reposerez, que vous travaillerez, que vous rendrez votre fille aussi spirituelle que vous, et que vous regretterez le mal

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