‹ François Buloz et ses amisChapitre 100 sur 212 · Inédile · texte numérisé non relu

Inédile

SAINTK-HEUVE. 22';

Sairite-lîftiivo : « Jo vous rcniorcn; de ce que vous ni(^ dites de M. Mole; mais tout cela e^t devenu impossible, et je no vois réellement rien qui me convienne et à quoi je convienne. Je ne vois aucun jour à vous envoyer de loni^^temps La Fayette \ étant à la lettre absorbé dans toutes mes minutes : mais j'y gagnerai d'amples matériaux, d'où je vous tirerai plus tard plus d'un article... »

A Lausanne, Sainte-Beuve, avec ses trois cours par semaine et son travail, — « toutes ses leçons étaient écrites dans l'intervalle d'une séance à l'autre », — était absorbé, fatigué et d'autant plus que sa voix, souvent lui manquait, il écrivait sur ses feuilles volantes : Je n'ai pas de poumons, je n'ai pas de mémoire, rien de l'orateur!

11 travaillait à l'hôtel, chaque jour assidûment, jusqu'à quatre heures — trois heures les jours de cours. 7\près le dîner, il reprenait son travail de recherches et de rédaction, « jus(ju'à ce que le sommeil le prît... Je ne crois pas, dit M. Séché, que pareil labeur ait jamais été accompli par un écrivain dans des conditions aussi tyranniques. »

Sauf une légère opposition de quel<iues esprits malveillants au début, le cours sur Port-Iiof/al fut goûté, les relations de Sainte-Beuve avec les Juste Olivier devinrent, |)endant ce séjour, plus étroites, et celles qu'il forma avec Vinot, Espérandieu, Lèbre, (|u'il amena à la lievue, lui furent

1. Toujours l'arlitîle sur lt"s MiUnoircs de Iai Fdv.'Hc, (|ui iio parut dans la llcinic des Deux }tondcs quo lo i5 juillet ISJS.

un attrait. D'ailleurs, au pays de Vaud, Sainte- Beuve demeura fidèle. Combien de fois, dans ses lettres aux Olivier, ces noms paraissent-ils : Aigle, le Léman, Rovéréa.

Étrange est la musique aux derniers soirs d'automne, Quand vers Rovéréa, solitaire j'entends Craquer l'orme noueux et mugir les autans ^..

Sainte-Beuve affirmait (le l"'" décembre) : « Je travaille beaucoup mais sans pouvoir me distraire de Tunique objet, je vous reviendrai avec force matière sur toutes choses... », puis il aborde un sujet qui visiblement le préoccupe, et c'est Cousin : le passage de Cousin à Lausanne; il redoute le terrible homme, déjà il avait prévenu les Olivier :. « Vous avez en ce moment en Suisse un de mes amis voyageurs que je redoute un peu : Cousin ^ », et à F. Buloz :

J'ai appris à n'en pas douter, que M. Cousin, dans son passage ici, avait dit de ces petits mots sur mon compte faits pour me desservir; mais il ny a pas réussi. Je ne serais pas fâché qu'il sût que je le sais. C'est un grand esprit, mais une âme de laquais et de boue. Enfin, cela ne m'a pas étonné; car apprenant de Paris qu'il était à Lausanne, j'avais à l'instant écrit à mes amis pour leur dire de prendre garde, et qu'il m'arrivait là un ami de Paris, qui pourrait nuire par des mots perfides à mon affaire, si elle n'était pas déjà arrangée ^

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