août, inédite
et Mole; il aimait le château du Marais... les longues causeries féminines, les promenades sur les pelouses, à l'ombre des arbres :
...Bouquet des ormes d'autrefois.
Il a écrit :
Nous foulions doucement ces doux prés arrosés. Nous perdions le sentier dans les endroits boisés...
Dans ce billet, il s'agit de la pièce de vers Là Fontaine de BoileaUy écrite justement au Marais. F. Buloz a, sans doute, demandé à Sainte-Beuve d'y insinuer quelques strophes sur l'actuelle sottise?
« Je viens de finir cette pièce sous forme d'épître, sérieuse, de 150 vers environ. J'y ai trouvé moyen de faire entrer quelque chose sur la sottise, ce n'est pas tout à fait ce que vous demandiez, mais il y en a un grain... Si vous vouliez la mettre dans la prochaine Revue du 1" septembre, cela me conviendrait assez.... »
Voici dans les vers qui suivent, le « grain » sur la sottise :
... Tous cadres sont rompus, plus d'obstacle qui compte,
L'esprit descend, dit on, la sottise remonte,
Tel môme qu'on admire, en a sa goutte au front...
Nous touchons au moment où la Revue sera privée de la collaboration de Sainte-Beuve... éclipse de quatorze années, pendant lesquelles un jeune écrivain prendra presque sa place, et c'est
Emile Montégut, esprit varié, brillant, plume vivante Mais ce n'est pas Sainte-Beuve!
La cause de la brouille... les causes, les voici :
Le 25 décembre 1846, Sainte-Beuve écrit à madame Bascans :
« Je suis dans une grande contrariété depuis quelque temps, et j'ai besoin de m'en ouvrir à vous. Il m'est survenu toutes sortes de mécomptes avec la Revue des Deux Mondes, par suite de mauvais procédés qui ne me laissent aucune voie honorable de raccommodement. Une action que j'y avais prise et qui devait m'être remboursées si on m'avait tenu parole, est retenue, par le directeur de cette Revue; j'en avais payé la moitié, et loin de rentrer dans ces fonds, je me vois à la veille d'être obligé de payer le restant, qui n'est pas moins de trois mille francs. »
Il est bon, avant d'aller plus loin, de rappeler que les actions de la Revue des Deux Mondes furent émises à cinq mille francs et non six mille, comme Sainte-Beuve l'écrit ici^; d'ailleurs il pouvait se libérer moitié en argent, moitié en rédaction. Mais il devait une somme à cette madame Bascans^, il craignait de ne pouvoir la lui payer, et
1. II est clair que Sainte-Beuve n'avait pas acheté cette action pour qu'elle lui fût remboursée immédiatement?
2. Sainte-Beuve n'avait qu'une demi-action ainsi qu'en témoignent les trois reçus de remboursement que je possod(\ dans lesquels il n'est question que du remboursement d'uiio « demi-action de la Revue des Deux Mondes, que j'avais prise et qu'il me rend, etc. ».