‹ François Buloz et ses amisChapitre 107 sur 212 · décembre · texte numérisé non relu

décembre

et qui veulent entrer dans mes raisons, que je ne puis faire aucun autre travail, tant que je donne un article chaque lundi au Constitutionnel. Tout autre travail que j'attaquerais serait mal fait; cela est évident pour quiconque est au fait des travaux de l'esprit; il faudrait donc que je dérangeasse mon mode de périodicité, et je n'ai pas encore voulu prendre de détermination à cet égard. Je n'ai voulu me fixer aucun terme à l'avance. Cela est si vrai, que j'ai refusé, il y a peu de temps, l'offre de quelques amis qui voulaient me porter au Journal des Savants, où il n'y a pourtant que trois articles à faire par an. Mon libraire, M. Hachette, m'avait demandé de surveiller une petite édition des Pensées de Pascal : j'ai dû refuser également. Encore une fois, il y a là une impossibilité, et tant que je cours ma carrière là-bas, je suis comme un homme en voyage, ou en mer. Je ne suis bon à rien ailleurs : c'est un fait en quelque sorte physique... »

Tout cela va bel et bien jusqu'ici. Mais quand Sainte-Beuve aborde la question de l'engagement pris devant M. de Rémusat avec la Revue, il nie formellement les droits de F. Buloz, et fait même preuve d'une loyale indignation !

Si on lui demande un article, il en sait gré et il expose, ainsi qu'il vient de le faire, ses raisons; mais c( si vous paraissez croire que vous avez un droit à me demander cet article comme exécution de je ne sais quel engagement, si vous élevez une

telle prétention, ici, je vous l'avoue, je me réoolle et je m indigne.

» J'ai très présentes à la mémoire les paroles avant et après ce rapprochement de 1847, et je puis vous assurer qu'il y a là quelque grand malentendu de votre part... » Et Sainte-Beuve propose de montrer à M. de Rémusat la lettre de F. Buloz, il affirme qu'en échange de ce « raccommodement, » comme il dit, avec la Remic, il a écrit, pour le prouver, un article dont M. de Rémusat lui-même était le sujet*. « J'en ai donné quelques-uns depuis ce temps, notamment un grand travail sur GhênedoUé. Le reste et la suite étaient laissés à nos convenances mutuelles, et au cours naturel des choses... » Que convientil de faire? (il se réserve prudemment l'avenir) (L A rester, je le crois, dans les termes de convenance et de bon rapport possible pour l'avenir. Nous avons encore une quinzaine d'années peut-être à nous rencontrer dans la vie active. Si je deviens libre, je n'aurai aucune répugnance à écrire à la Revue, et à vous le demander. »

Cependant on verra ses restrictions : Sainte- Beuve ne veut pas qu'il soit dit qu'il a quitté la Revue sur une question d'argent :

(( Non, je n'ai pas rompu avec la Revue sur une question d'argent, mais sur une question à^inlérieur, ne revenons pas là-dessus. Quant à

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