La Gazette de Saint-Pétersbourg
« Un beau discours prononcé par M. Guizot, dit encore Chasles, mettait M. Mole aux portes de la mort. C'était une vieille femme plutôt qu'un homme. Commère dans le genre de Humboldt », etc. Concernant Gustave Planche, Chasles est plus violent encore : « Quoi, sots! vous ne voyez pas qu'il n'y a rien là, sinon l'amitié de Buloz, une grande chose il est vrai! Vous ne voyez pas que cette poésie est sans ailes, cette caricature de l'art sans visée, cette critique sans yeux, cette vertu faite de plâtre, statue creuse comme en créait Robespierre? Négatif, éliminateur, ignorant. Planche », etc.
Jules Janin est un « léger écrivain, gros, pansu, mafflé, le plus faux des hommes, le plus subtil des faux bonshommes ».
Plus tard, les livres du charmant Feuillet seront traités par Philarète Chasles de livres de chasublier, d'entrepreneur de maçonnerie, qui oublient l'idée, et qui sont le contrepoids ridicule d'un excès ridicule.
Quant à F. Buloz, sa bête noire, il est à la fois « fin spoliateur, rhinocéros à épaisse carapace, bœuf de ses montagnes » (par l'entêtement silencieux), que sais-je? Il a « exploité sans vergogne toute une génération de littérateurs de génie affamés, et en les forçant à travailler et à produire sur commande et à dates fixes, il a accru la brutalité et la grossièreté de leur sève littéraire » ; puis il cite : Alexandre Dumas, Louandre,
Emile Montégat. Enfin il finit magi s'écriant : « Je n'ai jamais pu tra^ mitrons! »
Malgré cette affirmation, il tra\ à la Revue, et y écrivit, pour le volumes.
Son érudition était prodigieui a homme singulier en tout », réso l'éducation de son fils ne ressemb] cations communes ^ A huit ans F le latin, et lisait pêle-mêle Jean-Ja Anacharsis, Plutarque, Richards jour une page de « prose républi souvient que lorsque madame Saini à Paris, en 1818, avec son fils, on père de Philarète Chasles comme p Sainte-Beuve, alors âgé de treize de vins de la place Dauphine, l'entrevue, le père Chasles fit me sur la table, et lui fit déclamer un j cœur : c'est ainsi qu'il se glorifiai de sa pédagogie. A la Revue, Cha Usa dans la littérature étrangère. Î!
l'Angleterre sont de premier ordre
F. Buloz se sépara de Phi] en 1848, et la séparation n'alla pî deux s($ènes des plus vives. Chasli
PROSPEH' MKRIMÉE ET LES PROCÈS. 2G7
me dit-on, à la suite de l'une d'elles. . . déposé dans le jardin de la rue Saint-Benoît avec quelque rudesse par son directeur. Comme il sortait de la maison d'assez méchante humeur, il rencontra un de ses créanciers, cocher de son état, qui l'ayant vu entrer, attendait sa sortie pour s'expliquer aussi avec lui : c'était le jour; et cette fois, encore, l'explication fut chaude. Ce cocher avait-il une revanche à prendre? Chasles traitait parfois légèrement ses créanciers, et dans une des lettres versées aux débats du procès (18o3) je relève ce passage, écrit de la main de F. Buloz : « M. Chasles dit tous les jours à 'M. Scudo qu'il est prêt à payer\ j'ai peine à le croire, car l'autre jour, il a enfermé un de ^es créanciers à clé dans une pièce de la Mazarine^ et il en est résulté une scène de garde. »
Dans le dossier du procès, qui est curieux, figure aussi une note écrite par le directeur de la Revue des Deux Mondes. Celui-ci semble se défendre d'un reproche qu'on lui fît souvent en eiïet. Cette note était destinée à M. Ramond de Croisette, qui ce occupait » dans cette affaire, pour F. Buloz. La voici :