‹ François Buloz et ses amisChapitre 112 sur 212 · Voir chapitre III · texte numérisé non relu

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le dire, je reçus plusieurs sommations des plus honorables écrivains de fermer la lievae aux amis de M. de Custine (ceci quoique très intime est formel).

On voit que toutes les séparations dont on voudrait tirer parti contre nous, ont eu des raisons suffisantes, et que nous n'avons pas à décliner les motifs de notre conduite.

3° Enfin on pourra mettre en avant la séparation Sainte-Beuve.

Celle-ci n'est pas néanmoins une séparation; c'est un éloignement momentané, que nous avons toujours regretté, et qui a eu son motif dans des causes indépendantes de la volonté des deux parties.

M. Sainte-Beuve avait à trouver et trouvait un traitement de mille francs par mois au Constitutionnel, puis au Moniteur, un traitement que ne pouvait lui faire la Revue des Deux Mondes, hors d'état d'imprimer quatre articles par mois de M. Sainte-Beuve, puisqu'elle ne paraît que deux fois par mois.

Si M. Chastes avait la prétention de se servir du nom de M. Sainte-Beuve contre nous, il ne le ferait certainement que contre le gré de celui-ci.

Voici un dialogue entre M. Sainte-Beuve et moi, en mars dernier, précisément au sujet de M. Chasles.

— Où en est votre procès avec Chastes?

— Il va venir; j'attends encore des papiers de Saint-Pétersbourg.

— Chasles ne laissera pas aller les choses jusqu'au bout; il viendra faire ses soumissions.

— Je ne le pense pas; il serait déjà venu.

— Il m'est arrivé une chose singulière à propos de Chasles, reprit Sainte-Beuve. J'ai eu à rendre compte il y a un an de la Vie de Franklin, par M. Mignet; je me .suis rappelé que Chasles avait fait

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un article sur Franklin, et je voulus le relire. Je trouvai dans cet article des paroles de Franklin qui me parurent singulières; c'était à peu près ceci : « De Tapparence, jeunes gens, de l'adresse et peu de sincérité, et Ton arrive à tout. » (Ce n'est pas sans doute le texte même de Ghasles, mais c'est le sens). Je voulus vérifier dans le texte anglais, reprit Sainte-Beuve, et j'y trouvai tout le contraire : « De la sincérité, de la droiture, de la probité, jeunes gens, et le succès ne vous manquera pas. » C'était à confondre l'esprit, continuait Sainte-Beuve, de voir une pareille falsification*.

Si F, Buloz, qui ne l'aimait pas, fut souvent occupé de procédure, son rôle ne fut pas toujours celui de plaignant; et il dut subir à son toiîr les poursuites de la Justice !

Une fois, entre autres, la Revue fut assignée pour avoir accueilli la défense de Mérimée en faveur de Libri, récemment condamné et en fuite, en 1852.

Ce procès, qu'il faut mentionner ici, me ramène à Mérimée, qui, on s'en souviendra, y joua un rôle capital, et fut toujours partisan de l'innocence.

L'affaire éclata en 1848 et fît scandale. Mérimée, si réservé d'habitude et froid, prit hardiment parti pour le pseudo coupable, F. Buloz soutint aussi son collaborateur de tout son pouvoir; d'ailleurs, leur exemple fut suivi par Panizzi,

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