‹ François Buloz et ses amisChapitre 121 sur 212 · inédite · texte numérisé non relu

inédite

Ni F. f3ul()z ni Mérimée ne firent appel. Mérimée passa quinze jours en prison, et cela paraît vraiment une chose absurde. Pourtant cette captivité do Mérimée nous a valu une charmante lettre à madame de Lagrenée, pleine de philosophie souriante :

Paris, 11 juillet 1852.

Madame, je m'étais toujours douté que dans le vaste établissement que j'habite en ce moment, il y avait une compagnie fort mêlée. Je passe une partie de mon temps dans une espèce de garde-manger dont j'ai fait un divan, et tandis que je lisais ïope otb yma^ j'ai entendu le dialogue suivant entre un Monsieur en habit noir, et un autre en veste rouge et pantalon jaune : L'habil noir : — Pourquoi que t'es là? Le pantalon jaune : — Parce que j'ai tué mon oncle. — Y avait donc des circonstances atténuantes ? — Faut bien. — Pourquoi que tu l'as tué? — Cette bêtise! Pour avoir son argent. — Qu'est-ce qu'il avait? — 250 francs. — C'est pas gros. — Cette bêtise ! Je croyais qu'il avait plus. C'est pas l'embarras, je l'aurais tué tout de même. Je n'avais pas 17 francs dans ma poche.

Ce Monsieur en pantalon jaune a une figure très douce, mais le front un peu déprimé. 11 dit qu'il n'est pas socialiste, et qu'il n'a jamais travaillé que pour lui seul. Voilà cinq jours passés, madame, assez doucement et sans m'ennuyer. Je ne peux guère travailler, je ne sais pourquoi, car j'ai une chambre assez fraîche, et nulle envie de promenade. Je me

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