Claudin, Mes Souvenirs
2. Beauvoir rapporte un mot de ce Briiïault : « Il faut être deux pour manger un poulet, disait un jour un gastronome à Briiïault. — Oui, reprit celui-ci : soi, et le poulet. » {Les Soupeurs de mon temps, R. de Beauvoir).
politique. Elégant, pommadé, tiré à c( dix-huit épingles », frisé et jaboté, Loève-Veimars fut, en son temps, un des plus célèbres dandys; on copiait la forme de ses vêtements, et à l'Opéra, au Théâtre Italien, on faisait la haie sur son passage, ce Au spectacle, dit Maxime Du Camp, sur les promenades, on se le montrait du doigt et l'on disait : ce C'est lui! » ^ Vif, mince comme une épée, audacieux, toujours prêta la lutte et prompt àla riposte, il aimait les polémiques, etl'intrigue ; assez mystérieux en somme, avisé, adroit, souple; d'ailleurs, en amitié, fidèle. L'esprit de cet original fut fort goûté de F. Buloz; Blaze le désigne comme faisant partie de la « trilogie préférée du directeur ».
On ignorait l'origine de Loève-Veimars.
H. Blaze dit de lui qu'il ce était Français comme Henri Heine était Allemand ». Mais, Loève-Veimars se défendait beaucoup de ce mystère, ce Je vous supplie, si on m'attaque, recommandait-il à F. Buloz en s'embarquant pour l'Egypte, de répondre, et si c'est pour la nationalité qu'on conteste à Benjamin Constant, à Mallac et vous, ce mot seulement qui est un fait : M. L.-V. est né de parents qui étaient naturalisés Français et établis à Paris, dix ans avant la réunion sous l'empire de leur pays à la France. »
Au début, il écrivit une série de portraits d'hommes d'État, qui eurent l'honneur d'intri-