Maxime IJu Camp, Souvenirs littéraires, déjà cité
On a dit de ce baron que « s'il avait des principes, il avait peu de scrupules », car il fut accusé d'avoir publié le Violon de Crémone et de l'avoir signe de son nom. Mais un journaliste déA^oila la supercherie... « Loève-Veimars ne se déconcerta pas pour si peu... »
En 1840 Loève-Veimars fut nommé Consul à Bagdad, où il résida huit ans. Il consacra ces huit ans avec beaucoup de zèle aux affaires assez embrouillées de la légsition, il ne trouva guère alors le temps d'écrire pour la Revue, mais il ne cessa de correspondre avec son directeur. Bien qu'éloigné de tout, et passant jde longues semaines sans autres nouvelles que celles que lui apportaient les journaux, il suivait les affaires de France avec intérêt, et même les luttes de Thiers et de Guizot avec quelque passion. Il faut dire qu'il devait sa nomination à Mole et à Thiers.
Faisant allusion dans une de ses lettres à F. Buloz à l'attitude du ministère Thiers après le traité de Londres, attitude que le Roi désavoua, et qui amena, comme l'on sait, la chute de Thiers... : « On ne peut pas savoir en France combien la démonstration sérieuse qu'il a faite pendant son ministère nous a donné de poids. L'Europe sait aujourd'hui qu'en mettant la France de côté, t)n ferait naître un ministre décidé à repousser l'offense, et pareille attaque se renouvellera difficilement. Il est inutile, dans la haute position „de M. Thiers, d'être toujours ministre,' mais il est
bon (l'avoir été le ministre nécessaire devant un tel événement. »
Le \" mars 1843, Loève-Veimars écrit de nouveau : c( J'ai beaucoup d'affaires, outre les travaux intérieurs et la misère. La Perse et cette province ont d'anciens démêlés, vieille étoffe que je raccommode depuis deux ans à Bassorah, à Bagdad, etc. et qui se déchire sans cesse de nouveau. En ce moment les habitants de Bagdad déménagent, sans égard pour le fatalisme; le pacha de Bagdad ayant massacré à quelques lieues d'ici bon nombre de personnes, on s'attend à des représailles. Mais c'est ici l'état normal, guerre ou paix mes devoirs sont tracés....
» Je vois par le Journal des Débats, le seul que je lise, que vous avez quelque prospérité en France. Du moins, le budget le dit. ^G'est un grand point, et l'Angleterre ne peut en dire autant. Je voudrais que nos députés vinssent passer quelque temps en Asie et dans la Mer de l'Inde. Ils rectifieraient quelques-unes de leurs idées, et verraient qu'il y a quelque chose de plus important que le sucre de betterave* ».
Le ministère Guizot faisait alors bien des mécontents, la Revue avait fort à s'en plaindre, car la chronique politique, écrite par Rossi, ne satisfaisant point le ministre; celui-ci ne se privait pas de menacer F. Buloz, alors Commissaire