‹ François Buloz et ses amisChapitre 135 sur 212 · Souvenirs de madame C. Jaubert · texte numérisé non relu

Souvenirs de madame C. Jaubert

SOU habit boiitoimé selon sa coutume, et M. Cousin s'était déguisé en philosophe allemand. Mais dans le rêve, tout de suite, sans hésiter je l'ai reconnu! » Et Heine, « riant à gorge déployée, agitait ses mains pâles, satinées et fluettes, seule partie de son être qui fût demeurée libre ».

Quel étrange personnage ce Heine, de caractère si bizarre, si heurté avec ce « cerveau lumineux, pétri de rayons et d'idées, d'où les images sortaient en bourdonnant comme des abeilles d'or ^ ». Th. Gautier, qui a admirablement esquissé cette figure, écrit encore : « A la fois gai et triste, sceptique et croyant, tendre et cruel, sentimental et persifleur, classique et romantique, allemand et français, délicat et cynique, enthousiaste et plein de sang-froid, tout, excepté ennuyeux. C'était vraiment l'Euphorion, enfant de Faust et de la belle Hélène. » Le charmant portrait !-

Le nom de Henri Heine paraît dans la Revue pour la première fois en 1832, avec des Récifs d'excursions aux Montagnes du Harz, et le Tambour Legrand^. C'est aussi l'époque où Heine connut la Belgiojoso. Il est impossible de séparer leurs noms alors. On a dit qu'il la rencontra pour la première fois chez le général de La Fayette ^ et peut-être en elTet leur situation politique d'exilés les rapprocha-t-elle d'abord, mais bientôt

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