‹ François Buloz et ses amisChapitre 14 sur 212 · Ciléc par xM. Ernest Dupuy, Alfred de Vigny, t. II · texte numérisé non relu

Ciléc par xM. Ernest Dupuy, Alfred de Vigny, t. II

le génie de ces deux poètes? — Cette rivalité fut douloureuse à Vigny, et lorsque la Revue des Deux Mondes elle-même inséra une note enthousiaste de Sainte-Beuve sur Hugo, à propos des Feuilles d'Automne, et du Roi s'amuse, Vigny prit cette insertion au tragique et en fît une affaire personnelle.

11 est vrai que Sainte-Beuve, qui avait ses raisons, ne cessait de porter Hugo aux nues ; il disait : « A peine âgé de trente ans, il s'est fait dans notre littérature une place unique et immense; drame, roman, poésie, tout relève aujourd'hui de cet écrivain ^ » Vigny, blessé, se plaignit à F. Buloz... mais comment revenir sur de semblables paroles, « tout relève aujourd'hui de cet écrivain »? Le mécontentement de Vigny, connu à la Revue et au dehors, fît rire. Sainte- Beuve écrivit à Hugo ^ « J'ai su que vous saviez les misères d'un gentilhomme de notre connaissance; un homme qui en est venu là ne fera plus que de la satire, etc. », ce en quoi Sainte- Beuve se trompait!

Cependant, l'auteur de Stello, toujours froissé, exigeait une note rectifîcative que F. Buloz n'était guère disposé à accorder... « il avait promis, seulement, dit encore Sainte-Beuve à Hugo, un mot dans la chronique » et il ajoute irrévérencieusement : c( Je suis arrivé hier soir à la

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