A madame Jaubert
et riante capitale du Monde... le beau Paris, enfer des anges et paradis des diables! Penser que je dois te laisser seule ici. Ah! cela me bouleverse le cerveau, cela me rend fou... »
Mais Mathilde Morat pouvait-elle comprendre cette folie? Mathilde, qui avait « un goût prononcé pour l'hippodrome ».
Vers la fin de la vie de Heine, la princesse Belgiojoso, de retour d'Orient, où elle avait fait mille tours, chevauché en Syrie, visité maints harems, et planté de ses mains des rizières, la princesse eut l'idée de convertir Heine, car il parlait volontiers de la Bible, dont il aimait la poésie; elle crut donc le moment venu, et lui envoya l'abbé Garon. «L'abbé éveilla quelques velléités religieuses », dit Heine, et il ajoute : « Mais décidément je reviens aux cataplasmes : le soulagement est plus immédiat! » Terrible homme!
Pendant les années 1837-38, F. Buloz fit appel à deux célébrités bien différentes : Béranger —
^-Silvio Pellico; ils se récusèrent tous les deux... le second parce que la Revue était interdite en Italie : ce J'aurais pu vous donner de loin en loin
] quelque article, écrit mélancoliquement l'expensionnaire du vieux François P"" d'Autriche, mais ce journal n'est pas permis ici... il m'est impossible d'y contribuer, car tout ouvrage défendu chez nous, est censé avoir quelque chose d'hostile contre les principes que suit notre gou-
vernement*. » On sent que Silvio Pellico regrette ce refus qu'il est forcé de faire... Il est libre depuis sept ans, mais quelle singulière liberté? et après dix ans de captivité, il est las, et sans doute aussi il est devenu prudent?
Déranger, lui, refuse de collaborer à la Bemie, parce que, dit-il, il est vieux et oublié. Vieux? il a cinquante-huit ans? — Oublié, certes non. — « Quoi ! vous pensez encore, mon cher Monsieur, à m'ouvrir les portes de votre excellente Revue! Tant qu'un auteur a la vogue, quel que soit son mérite réel, je conçois que vous désiriez en obtenir quelques articles, mais poète ou prosateur, s'il est tombé dans l'oubli, de quelque manière que la chose soit arrivée, il ne vaut plus la peine qu'un directeur de journal aille frapper à sa porte. J'en suis là, mon cher ami, et pour la satisfaction de ma vanité littéraire, car les chansonniers en ont aussi, je puis dire que j'ai tout fait pour être mis dans l'ombre; l'oubli ne serait pas moins arrivé, mais moins vite si je n'y avais aidé de tout mon pouvoir. Et vous voudriez me faire l'honneur de m'associer aux sommités qui illustrent la Revue! aux G. Sand, aux Sainte-Beuve, auxLerminier, aux Planche, aux Musset, etc., etc. ; renoncez à une si fausse spéculation... »
Ce n'est certes pas pour son style que F. Buloz recherche cette collaboration, et Béranger n'a pas besoin d'y insister. « Si vous refusez de croire