Les Jeudis de madame Charbonneau
« fiacre à l'heure », une singulière conversation s'engage entre les deux hommes de lettres, l'anîien rédacteur, et le néophyte. Celui-ci, qui n'est, au dire de l'autre, « préoccupé que de questions d'argent », se demande comment il parviendra à payer son loyer (Brave Murger, que cette question tourmente!) et puis il a des dettes, le tailleur, le bottier, bref, un passi/" lamentable... Pour changer le cours de ses idées, Pontmartin parle du matérialisme naissant. (Ce matérialisme, à l'époque, est représenté par Champfleury et Max Buchon!) Pontmartin s'échauffe : « Relevez, régénérez les lettres, s'écrie-t-il avec feu, ramenez-les dans des sphères supérieures, où l'âme garde sa vraie place. » Mais Schaunard, qui suit son idée, l'interrompt au milieu de cet élan :
« Croyez-vous que M. B. me paiera ma première feuille? * »
Ce livre dont parle Pontmartin, et que Murger venait de publier, c'était la Vie de Bohème. Les romans qu'il donna ensuite à la Revue, paraissent écrits moins librement, et semblent plus gourmés. Ce fut, en 1831 : Claude et Marianne, puis le Dernier rendez-vous, Adeline Proiat^ qu'il dédia à F. Buloz, les Buveurs d'eau, etc.
La collaboration de Murger, d'après les quelques lettres adressées à F. Buloz, qui sont en ma possession, dut être incertaine. Hélas! Schaunard