‹ François Buloz et ses amisChapitre 149 sur 212 · Le 25 mai · texte numérisé non relu

Le 25 mai

LA HEVUE Di: PARIS. 351

Mon cher Monsieur Buioz \

Je vous prie de ni'excnser si jo ne vous ai pas répondu plus vile. J'étais à Mai'luLle quand vous m'avez écrit, et je n'ai reçu votre lettre que le 58. Vous sacliant très occupé par votre numéro, je n'ai pas voulu aller vous voir, ni vous répondre en ce moment, craignant que vous ne lisiez pas bien ma réponse. La dernière fois que j'ai eu le plaisir de vous voir au Théâtre Italien, vous m'avez dit vousmême qu'il valait mieux ne rien faire, que de faire mauvais. Eh bien, je suis depuis longtemps dans une disposition d'esprit qui ne me permet pas de produire des choses de nature à satisfaire les autres, et à me satisfaire moi-même. Pour ne pas me décourager, sans doute, vous ne m'avez trop rien dit à propos de mes dernières insertions dans la Bévue, mais je ne me suis pas fait illusion sur leur valeur. Mon volume des Buveurs d'Eau n'a aucun succès, et les quelques mentions qui ont été faites dans la presse, étaient plutôt défavorables que bienveillantes. Si j'avais moi-môme meilleure opinion de mon livre, je ne me préoccuperais pas de cet insuccès, mais malheureusement je me trouve presque d'accord avec ceux qui n'en pensent pas de bien. Bref, j'ai besoin d'une revanche, et pour la prendre bonne, je ne suis pas dans les conditions voulues. Ne vous épouvantez pas, ce n'est pas pour arriver à une nouvelle demande d'avance. Je suis à la vérité fort embarrassé dans mes affaires, je suis préoccupé de contrariétés morales sans nombre, mais il n'y a qu'une chose qui puisse me tirer de cette mauvaise situation, c'est la production de quelque chose qui me satisfasse.

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