P. de Musset, Biographie d^A. de Musset
première fois, Musset a vin^t deux ans. Pourraiton deviner ces vingt-deux ans dans l'auteur de Namouna^.
Pauvres pens (jue nous tous! Et celui qui se livre De ce qu'il aura fait, doit tôt ou tard gémir! La coupe est là, brûlante, et celui (jui s'enivre Doit rire de pitié s'il ne veut pas frémir! Voilà le train du monde, ....
Cependant, quelque désabusé qu'il veuille paraître, sa jeunesse rayonne dans tout son génie; et son ardeur à mépriser, à haïr, à aimer, puis à maudire et à désespérer, c'est sa jeunesse eneore. Et voici l'époque du Musset de la légende : il a une tournure de page, il est mince, blond, fin, hautain un peu; spirituel, beau comme un dieu. Autour de sa tête, flotte une auréole de gloire et de mélancolie. « Voltairesemble toujours avoir été vieux, comme Alfred de Musset toujours jeune », disait Henri Bkize... non sans un peu de dépit.
F. Buloz, qui était « attiré par les supériorités » et « sensible au talent à un point extraordinaire ^ », ne pouvait pas ne pas ressentir l'attrait de cette nature, si richement douée. « Il avait voué à Musset une affection profonde; quelle admiration émue lorsqu'il s'exprimait sur le génie du poète, quelle énergie à le défendre lorsqu'il le sentait attaqué! »
Musset le savait. Et puis, le poète, qui travaillait à ses heures, était toujours désargenté. La