‹ François Buloz et ses amisChapitre 159 sur 212 · E. Moutégut, Noi, morts contemporains · texte numérisé non relu

E. Moutégut, Noi, morts contemporains

Revue n'était guère riche, pourtant son directeur ne savait rien refuser à Musset. Un contemporain a écrit : « On a souvent parlé de conditions coercitives, donnant donnant : « Apportez-moi une » comédie, et vous aurez vos 500 francs... » Comme c'est connaître Musset que de croire qu'il eût plié sous un tel joug, lui, cet ombrageux, ce hautain, ce casseur, et cet indépendant, jusqu'à la sauvagerie! Le secret de l'influence de Buloz fut, au contraire, dans cette sollicitude, et cette absolue confiance, manifestée dès l'origine. Ce rude homme savait, au besoin, être un brave homme ^ »

Musset disait de F. Buloz : ce II a respecté ma vocation. Ces choses-là ne s'oublient point. » Et ses dettes (Dieu sait s'il en avait!), il ne consentait pas à ce que sa Muse les payât. F. Buloz eut le tact de lui « venir en aide, en lui laissant comprendre que tout se réglerait entre eux au petit bonheur », et c< comme il plairait à la vocation ». Bref, comme il avait été l'enfant gâté du Cénacle, il fut l'enfant gâté de la Revue.

Souvent, de Jîonne heure F. Buloz recevait du poète des poulets de ce genre :

Mon cher ami, vous m'avez proposé hier de m'envoyer quelque chose aujourd'hui, le pouvezvous?

Votre très panier percé serviteur,

A. DE MUSSET

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