Henri Blaze, Mes souvenirs, déjà cité
Je VOUS envoie ma cuisinière parce que mon gnome a un coup de poing sur l'œil.
De tels billets, j'en possède en quantité. En voici quelques-uns qu'on lira avec plaisir : ils sont spirituels et amers, et gamins aussi, comme l'était si souvent Cœlio :
Mon cher ami,
Je suis gai ce matin comme une potée de cadavres : vous est-il possible de me donner cent francs pour me débarrasser d'une affaire très ennuyeuse, et passablement dégoûtante? Ce serait un vrai service d'ami que vous me rendriez. Je vous dirai, à vous, quand je vous verrai, quelle est (sic) le sot ennui qui me décide à vous importuner ainsi à mon grand regret*..., etc.
Et encore :
Mon cher ami,
Cela vous sied-il aujourd'hui de m'envoyer notre
reste de compte? Je sors des horreurs des sangsues
et des cataplasmes pour une bêtise que j'ai faite,
c'éfst pourquoi je ne vais pas moi-même à la Revue.
■■ A vous,
ALFRED DE MUSsET.
Après une nuit de travail, sur du papier à chandelle, il griffonne :
Voilà, mon cher, une pièce de bœuf que j'ai tirée de mes côtes cette nuit. Il faut, sacredieu, que ce