Karénine, G. Sa/id, t. II, ch. n
sion, et ne pas percer le voile sacré dont ma divinité a jugé à propos de s'envelopper. Dans quelques jours, je vous appellerai à venir baiser le bout de ma pantoufle, et vous y viendrez, car j'ai du nanan pour vous, et l'odeur du manuscrit vous alléchera.
Nous parlerons affaires, et vous me conterez vos soucis d'amour. Il paraît, mon pauvre fou, que vous vous étiez laissé prendre*; vous ne voulez pas que je vous raille, et Dieu m'en garde, si vous avez réellement du chagrin, mais votre manière de parler est si énigmatique, que je ne sais pas encore si c'est une peine de cœur pour vous, ou une affaire d'argent échouée, que ce mariage manqué. Si vous êtes blessé par Gupidon, je vous plains sincèrement, si c'est Plutus qui vous fait la grimace, je vous dirai : travaillons et réparons le temps perdu. Je vois dans tout cela un grand bonheur pour vous, c'est que vous avez échappé au mariage, c'est-à-dire à une chose que vous désirez beaucoup, et dont vous vous seriez beaucoup repenti.
Adieu, mon vieux... Envoyez-moi le numéro du l^"", et le matelas qui est chez vous.
Tout à vous,
GEORGE^
C'est ainsi que George console son ami Buloz, et lui parle de son mariage, momentanément rompu, avec mademoiselle Blaze.
La lettre suivante porte le timbre de la poste :
1. Il est assez plaisant de voir « George » gourmandor quelqu'un à qui il est arrivé d'être amoureux, et « de s'iMie laissé prendre! »